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«Les vignerons suisses visent la perfection»

Pour sa 26e édition, le Concours mondial de Bruxelles a choisi le Chablais vaudois. Près de 9200 vins seront dégustés cette fin de semaine à Aigle, dans un haut lieu du cyclisme international.

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Bassam Jreidi
28 avril 2019

Passionné de cyclisme, le directeur du Concours mondial de Bruxelles Thomas Costenoble se réjouit de la dimension sportive de l'édition 2019.

L’événement tutoie les superlatifs: 350 dégustateurs professionnels des quatre coins du monde – dont plusieurs représentants de Coop et notre chroniqueuse Marie Linder – s’apprêtent à évaluer près de 9200 vins produits dans 49 pays. Ils accorderont aux meilleurs nectars les médailles convoitées du Concours mondial de Bruxelles, qui aura lieu pour la première fois en Suisse.

Ces professionnels œuvreront dans un lieu inattendu: le vélodrome du Centre mondial du cyclisme, à Aigle, dans le Chablais vaudois. Nous y avons rencontré le Belge Thomas Costenoble (51 ans), directeur du prestigieux concours annuel, créé il y a 25 ans.

Que se passera-t-il dans ce vélodrome cette fin de semaine?

La plus grande dégustation de vin du monde. Une telle ampleur, c’est du jamais vu!

Le choix du lieu est surprenant…

Oui, le Centre mondial du cyclisme offre des dimensions à la mesure de notre événement. C’est fantastique de réunir deux mondes très différents, mais qui sont tous deux constitués de passionnés. Je me réjouis que des athlètes nous offrent quelques tours de piste en ouverture du concours.

Le Tour de Romandie bat son plein. Vous suivez le cyclisme?

J’adore, c’est un sport très populaire en Belgique. J’ai adoré les confrontations entre Fabian Cancellara et Tom Boonen à l’époque, tous deux très aimés chez nous.

Mais ici, vous dirigez une tout autre compétition.

Oui. Celle-ci se déroulera dans un silence absolu, au service du vin. Il y aura un timing et des règles à respecter, comme le fait de ne pas fumer ni de se parfumer de manière exubérante. De vendredi à dimanche, lors des dégustations au centre de la piste, on assistera à un ballet. Tout devra être réglé comme du papier à musique.

«On assistera à un ballet, dans un silence absolu»

thomas costenoble, œnologue

Répétez-vous?

Oui, avec 120 élèves très motivés de l’école hôtelière SHMS de Leysin et de Caux qui nous prêtent main- forte pour le service. L’un des défis est d’assurer une température constante dans l’espace de dégustation et les bonnes températures de service pour tous les vins. La logistique est impressionnante.

Quel est l’horaire des dégustations et pourquoi?

Le matin, entre 9h et 13h, vendredi, samedi et dimanche. C’est à ce moment que les papilles sont les plus vives et que les dégustateurs sont le mieux concentrés.

La diversité du vignoble suisse, présenté ici à Thomas Costenoble (à g.) par l'œnologue Daniel Dufaux (à dr.), sera montrée aux dégustateurs.

Combien de vins un expert dégustera-t-il par matinée?

Entre 48 et 50, à l’aveugle. Nous avons séparé les 9200 vins en compétition en 300 séries homogènes en fonction de l’origine, du prix et du cépage. Cette harmonie est nécessaire afin que les vins soient comparables.

Quels sont les pays les plus représentés?

La France, suivie de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal, soit les quatre plus importants producteurs mondiaux en volume. La Chine a rejoint le concours il y a trois ans seulement et se distingue avec près de 300 échantillons cette année. La Suisse présente 600 vins, un record: on sent une belle mobilisation et je suis certain qu’ils décrocheront de beaux résultats (ndlr: l’an dernier, la Suisse avait présenté 166 vins et décroché 49 médailles).

Votre regard sur les vignerons suisses?

Ils visent la perfection, à la vigne comme au chai.

Pourquoi les résultats ne tomberont-ils que le 13 mai?

On obtient les résultats bruts immédiatement, mais toutes les notes de notre jury sont soumises à une analyse statistique en Belgique afin de corriger le fait qu’il y a des dégustateurs très sévères et d’autres très généreux. Cela a pour but de fiabiliser nos médailles.

Quid de la viticulture belge?

Elle est anecdotique. C’est ce qui a fait décoller la renommée de notre concours au niveau international, je pense. On n’est pas du tout juge et partie, les producteurs nous font confiance. 

Hôtes internationaux

L'occasion de faire rayonner la région

Portugal, Espagne, Luxembourg, Chine… Depuis 2006, le Concours mondial de Bruxelles voyage. La candidature d’Aigle est née il y a trois ans lors d’un apéritif entre le syndic de la commune Frédéric Borloz (52 ans) et l’œnologue Daniel Dufaux (55 ans), directeur de Badoux Vins. Avec eux, un comité met tout en œuvre afin de faire découvrir la région et la viticulture suisse sous son meilleur jour aux 350 experts internationaux du concours, qui logeront à Leysin. «C’est une magnifique carte de visite pour notre région», résume Daniel Dufaux. Des visites de vignobles seront notamment organisées dans les cantons voisins. «Avec les vignes, le lac, la plaine et la montagne tout près, les contrastes sont phénoménaux», applaudit Thomas Costenoble.