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Goûter aux nectars du Caucase

Envie d’exotisme et de nouvelles expériences dans le verre? Nous vous invitons à découvrir les vins arméniens et géorgiens produits avec d’anciens cépages.

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Getty Images
02 septembre 2019

Les vignobles les plus anciens du monde se nichent au pied du mont Ararat et des montagnes du Caucase, près du monastère arménien de Khor Virap.

Les vins d’Afrique du Sud, de Nouvelle-Zélande ou d’Argentine ont perdu leur image d’exotisme et occupent désormais une place bien établie dans les rayons. Les amateurs de vin sont en quête de nouvelles spécialités. Ils trouveront leur bonheur et pourront satisfaire cette envie d’aventure avec les vins du Caucase. Les pays à l’est de la mer Noire ont une tradition viticole qui remonte à des milliers d’années: des fouilles archéologiques ont révélé que l’on cultivait déjà la vigne il y a quelque 6000 ans en Arménie.

Pendant l’époque soviétique, les pays du Caucase produisaient beaucoup de vin. La Géorgie était alors l’un des principaux pays producteurs de vin en URSS, développant rapidement sa surface viticole. De son côté, l’Arménie se consacrait à la production d’eau-de-vie, ce qui a entraîné une grande perte du savoir-faire traditionnel lié au vin.

Un changement d’approche

Même après la chute de l’URSS, la Russie est longtemps restée le principal partenaire commercial dans ce domaine, important environ 70% du vin géorgien par exemple. Cette république du Caucase a donc été fortement affectée lorsque la Russie a décidé en 2006 de suspendre ses importations pour des raisons politiques. Mais, au final, le boycott s’est avéré une opportunité favorable: «Les producteurs de vin ont alors été obligés d’élargir leur horizon et d’explorer d’autres cépages. Les rouges assez doux ne correspondaient tout simplement pas au goût des consommateurs européens et américains», explique le biologiste valaisan José Vouillamoz, expert auprès de Mondovino. C’est ce changement d’approche qui, selon lui, aurait fait de ce pays le chef de file de la viticulture dans le Caucase. Les vins d’amphores de Géorgie sont connus dans le monde entier. Cette méthode traditionnelle produit des crus bien particuliers.

L’Arménie, elle, n’a jamais eu à souffrir d’un boycott. «Là-bas, ce sont les populations de la diaspora qui se sont engagées avec ferveur dans la viticulture. Quand je me suis rendu dans le pays pour la première fois en 2003, les techniques étaient encore très rudimentaires et les vins pas vraiment convaincants», se remémore José Vouillamoz. Depuis, la situation a énormément évolué.

La méthode de vinification

Les vins du Caucase sont devenus un véritable secret d’initiés. Pratiquée comme autrefois dans les deux pays, la méthode de vinification traditionnelle n’y est pas pour rien. Elle consiste à élever le vin non pas dans des cuves inox ou des fûts de chêne mais dans de grandes jarres en terre cuite mises en terre, semblables aux amphores utilisées durant l’Antiquité pour conserver le vin, l’huile et autres aliments. Ces contenants en terre cuite à demi enterrés se nomment qvevri en Géorgie et karas en Arménie. Le processus de production est à peu près le même: on verse le jus de raisin avec la peau et les pépins dans les amphores que l’on bouche ensuite. Le vin fermente grâce aux levures naturelles pendant une durée variable, généralement six mois pour le vin rouge. On obtient alors un vin dont la saveur devait probablement être similaire durant l’Antiquité.

La particularité des vins du Caucase ne tient pas qu’à la méthode de production. Les cépages autochtones, qui n’existent que dans cette région du monde, ont leur charme. Tombés dans l’oubli à l’époque soviétique, de nombreux cépages originels ont été redécouverts au cours des dernières années, comme l’areni en Arménie. «L’arôme de ces vins fait penser à un mélange de nebbiolo et de sangiovese», explique notre expert. Pour lui, l’areni fait partie des dix cépages les plus intéressants du monde.

Vayots Dzor Areni Ancestors Trinity Canyon Vineyards

Ce vin arménien de 2016 est produit grâce à des vignes d’areni centenaires. Il offre au nez un mélange complexe de notes empyreumatiques. Les tannins sont ronds et souples au palais, l’acidité importante. Fraîcheur et légère amertume en finale.

37 fr. 95/75 cl, disponible sur Mondovino