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Vieilles barriques upcyclées

Dans un atelier de Sierre, deux jeunes entrepreneurs transforment des fûts usagers en mobilier. Chaises, fauteuils et tables voient ainsi le jour. 

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Louis Dasselborne
18 février 2019

Entre les mains d'Aurélie Nanchen et de Nicolas Fontaine, rien ne se perd, tout se transforme.

La magie des carnotzets opère notamment grâce au bois qui les habite. Que diriez-vous de trinquer assis sur un tabouret élaboré avec un fût usagé? Séduisante, l’idée se concrétise depuis un peu plus de deux ans dans un atelier de Sierre. Aurélie Nanchen (26 ans) et Nicolas Fontaine (27 ans) se plaisent à racheter de vieilles barriques afin de leur donner un deuxième souffle. Après deux ou trois passages de vin, le bois ne transmet plus le meilleur de ses composés. Si une méthode de régénération peut lui permettre de prolonger son usage en cave, sa durée de vie reste courte. De nombreux fûts restent donc sur le carreau. Tout a commencé pour Aurélie, esthéticienne valaisanne, et Nicolas, paysagiste fribourgeois, avec un vieux tonneau reçu: «Il était moche, on l’a poncé et transformé en barrique lumineuse, publié la photo sur Facebook et constaté qu’il y avait un intérêt.» Si, au départ, ces deux jeunes entrepreneurs n’osaient pas dénaturer une barrique, ils ont réalisé que c’était nécessaire pour  élargir leur gamme.

Ils ont alors commencé à la démonter, pièce par pièce, et à façonner d’autres objets. Avec l’aide de leur amis de CTRL, entreprise spécialisée dans le dessin et la sculpture 3D, chaise, fauteuil, table à fondue, bar, horloge, miroir, évier, étagère ou encore boîte aux lettres voient le jour. Pour vous faire une idée de leur travail, rendez-vous au domaine du Chai du Baron à Bramois, à l’Œnoparc Les Celliers de Sion ou au restaurant Gusto Matto de Zermatt.

Bois teint avec de l’huile

Démonté, nettoyé, poncé et traité avec des produits naturels, le bois est ensuite nourri et teint avec des huiles: «On a une large palette de couleurs à choix, mais on reste le plus souvent dans des nuances brunes traditionnelles», indique Aurélie. Puis vient l’assemblage. «C’est le plus gros travail. Pour une table, il s’agit de percer des centaines de trous», précise Nicolas. Aujourd’hui, la société des deux associés, Dionysia Valais, trouve un rythme de croisière, mais ne leur permet pas de vivre.

Ils vendent leurs créations entre 500 fr. et 2000 fr. la pièce. Tous deux ont quitté leur métier d’origine et, pour joindre les deux bouts, Aurélie travaille dans un bar et Nicolas œuvre dans le milieu de l’intégration professionnelle. A temps partiel, ils bénéficient d’une liberté qu’ils chérissent. Tous deux grands voyageurs, favorables à un entrepreneuriat durable, ils sont adeptes des fablabs, lieux de rencontre et de partage, où les expériences de chacun sont mises en commun. «Dans ce canton, j’ai l’impression que tout est possible. Je vis un rêve américain, à l’échelle valaisanne», sourit Nicolas.

Une livraison chez Adolf Ogi

L’été dernier, Dionysia Valais a exposé plusieurs pièces au «Jardin des vins», à Berne, une manifes­tation qui s’était déroulée sous le patronage de l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi. Nicolas Fontaine, qui l’admire beaucoup, s’est proposé de lui offrir une table à fondue conçue avec une gravure à l’effigie de l’événement. «J’ai eu la chance d’aller la lui livrer chez lui, à Kandersteg. J’étais comme un gamin», se souvient celui qui publie alors ce clin d’œil sur Facebook: «Aujourd’hui c’est formidable.» 


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