X

Recherches fréquentes

ZOOM
SANTé

Chat fait du bien

Avec 1,7 million de spécimens dans le pays, le chat est de loin l’animal domestique préféré des Suisses. Il veille sur notre bien-être moral, mais peut aussi nous éviter une crise cardiaque.

PHOTO
Getty Images, Keystone, AFP, Alamy, Markus Lamprecht
03 juin 2019

Le chat est l'animal de compagnie préféré des Suisses. En moyenne, un foyer sur deux en possède un.

Bientôt le vote!

Le concours est terminé

MERCI pour votre participation au concours #chatcooperation qui a remporté un franc succès. Nous avons reçu des centaines de photos par e-mail, Facebook et Instagram!

Le délai étant désormais passé, nous n’accepterons plus de nouveaux participants. 

Nous allons procéder à une première sélection. Vous pourrez voter prochainement pour votre chat préféré!

 


Ils ne se contentent pas d’occuper une place particulière dans la vie de beaucoup de gens. Les chats ont clairement un flair exceptionnel et savent se servir de leurs petites pattes dans les moments décisifs. «Sans Nemo, j’aurais parfois agi différemment. Mais ce sont précisément ces différences qui m’ont permis d’arriver là où je suis aujourd’hui», déclarait par exemple Sir Harold Wilson (1916–1995) à un journaliste qui voulait savoir pourquoi l’ancien premier ministre britannique tenait à garder son chat avec lui en permanence dans son bureau de Downing Street. Y compris sur les photos de famille officielles.

Son célèbre prédécesseur, Sir Winston Churchill (1874–1965), le héros de la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais caché qu’il avait un faible pour ces petits félidés. Son chat noir prénommé «Lord Nelson» (du nom de l’amiral anglais légendaire) avait carrément sa propre place à la table familiale. Et Lord Nelson lui-même, le fameux amiral (1758–1805), était encore plus extrême. L’histoire le décrit comme un véritable ailurophile (ndlr: personne qui affectionne les chats). Un attrait qui aurait causé l’échec de son premier mariage, son épouse ayant déclaré devant le juge que le motif du divorce était «l’amour inconsidéré du lord pour les chats». Ils sont fous ces Anglais, dirait-on, mais ils ne sont pas les seuls. Bien avant eux, les Egyptiens dans l’Antiquité considéraient déjà les Felis silvestris forma catus (nom savant du chat domestique) comme des dieux. Ils vénéraient les petits quadrupèdes qui chassaient les souris dans les greniers et les temples. Les chats étaient des animaux sacrés, et ce même après leur mort: lorsqu’il venait à mourir, l’animal était embaumé, enveloppé dans du lin, puis enterré comme un être humain.

Les chats chassent entre quatre et huit heures par jour.

Préféré au chien

Des milliers d’années plus tard, cet amour envers les chats n’a pas faibli, bien au contraire. Selon les estimations, environ 500 millions de chats domestiques vivent dans le monde entier. La plus grande part d’entre eux sont aux Etats-Unis, qui comptent près de 75 millions de spécimens.

Les quadrupèdes à pattes de velours sont aussi parfaitement à l’aise en Suisse. La Société pour l’alimentation des animaux familiers (VHN) indique que 3,7 millions de ménages se partagent environ 1,7 million de chats (chiffres de fin 2017). Ainsi en moyenne, un foyer suisse sur deux en accueille un. Les chats sont donc de loin les animaux domestiques préférés des Helvètes. Les chiens n’arrivent qu’à la deuxième place. Le «meilleur ami de l’homme» représente une population de seulement un demi-million dans les foyers suisses, ce qui signifie que les chats sont trois fois plus nombreux que leurs «ennemis jurés». Mais pourquoi tant d’amour? Selon le spécialiste des chats, Dennis C. Turner (71 ans): «Plus l’homme vit dans les villes, plus il s’éloigne de la nature et plus il aspire à en garder quelque chose.» Le chat serait donc une créature de la nature. «Il est en fait resté un animal sauvage et pourrait survivre sans l’homme, poursuit le biologiste suisso-américain. Lorsqu’on adopte un chat, on fait finalement entrer un bout de nature dans sa maison.»

Dennis C. Turner sait de quoi il parle, car ce chercheur spécialiste des chats est réputé dans le monde entier. Président de l’IEMT Suisse (Institut de recherches interdisciplinaires sur la relation entre l’homme et l’animal), il a été professeur d’éthologie des animaux familiers à l’Université de Zurich jusqu’en 2013. Il est aussi professeur invité en zoothérapie à l’Université d’Azabu au Japon. En plus de différentes études, cet expert a publié un ouvrage scientifique intitulé The Domestic Cat (Ed. Cambridge University Press), qu’il décrit lui-même comme «la bible du chat».

D’une part, c’est le sentiment de retour à la nature qui nous attire à travers les chats. D’autre part, notre société compte de plus en plus de personnes vivant seules. «Les chats sont très indépendants et faciles à élever. Ils sont par conséquent l’animal domestique idéal pour les personnes seules», explique Dennis C. Turner. «Toutefois, ajoute-t-il, ils ne devraient pas être considérés uniquement comme des chats d’intérieur ou d’appartement.» Ils ont en effet besoin du contact avec leurs congénères et/ou des humains. Le niveau de dépendance ou d’indépendance d’un chat se détermine au cours des premières semaines suivant sa naissance. «Plus le chaton reste avec sa portée, plus il pourra socialiser avec ses congénères», déclare le spécialiste.

Le chat dresse son maître

Chez les chats, la socialisation avec les hommes intervient également de la deuxième à la septième semaine de leur existence. «Si, au cours de cette période, ils ont de nombreux contacts affectueux avec des humains, ils leur feront confiance en général jusqu’à la fin de leur vie.»

«Les chats apportent un peu de nature dans nos habitats»

Dennis C. Turner, biologiste

Le biologiste en est convaincu: le chat peut avoir avec l’homme une relation tout aussi profonde que le chien. «Nous avons pu le prouver à travers une étude réalisée à l’Université de Zurich. Plus l’homme consacre de temps au chat, plus celui-ci recherche l’interaction.» Le chat serait un dresseur extrêmement doué. «Lorsque nous faisons ce qu’il demande, en lui donnant par exemple à manger, il nous récompense par des câlins.»

Remède contre le stress

Contrairement au chien, le chat accepte mieux que l’homme n’ait pas envie d’interagir. Le chien est, au contraire, un animal extrêmement social et qui veut rester le plus possible avec son maître. C’est pourquoi Dennis C. Turner pense que le chat convient mieux aux personnes dépressives. «Les personnes en dépression n’ont pas toujours envie d’interagir et se replient parfois sur elles-mêmes.» Un chat le ressent et l’accepte. Lorsque la personne le laisse revenir, «le chat vient se frotter contre ses jambes et parle avec elle». C’est pour cette raison notamment qu’un tiers des centres psychiatriques américains adoptent des chats. Il est reconnu depuis longtemps – et le chercheur l’a aussi démontré dans l’une de ses études – que la présence des chats peut améliorer l’humeur des personnes dépressives.

Les chats nous rendent donc heureux! Mais ce n’est pas tout. Des chercheurs du Stroke Institute of Minnesota, aux Etats-Unis, ont également découvert que le risque de faire une crise cardiaque était un tiers moins élevé chez les propriétaires de chats: 4435 adultes âgés de 30 à 75 ans, dont la moitié vivait avec un chat, ont participé à cette étude pendant dix ans. Résultat: le taux de mortalité (décès par crise cardiaque) des personnes n’ayant jamais eu de chat était de 5,8%, c’est-à-dire nettement plus haut que chez les propriétaires de chats (3,4%). Cette étude révèle donc que les chats sont un anti­stress naturel. Les caresses font baisser la tension artérielle et le rythme cardiaque, tandis qu’augmente la sécrétion du neurotransmetteur appelé sérotonine (l’hormone du bonheur), dans le cerveau. A cela s’ajoute l’effet apaisant des ronronnements.

Pour Léonard de Vinci (1452-1519), «les chats sont un chef-d'œuvre de la nature».

Le bruit régulier que fait le chat lorsqu’il inspire et expire présente d’autres avantages. Les observations montrent que les fractures des chats guérissent nettement plus vite que chez les autres mammifères. Cela s’expliquerait par les vibrations au niveau de la gorge et du poitrail. Selon les études effectuées, une fréquence de ronronnement de 25 hertz permettrait d’accroître la densité osseuse et de stimuler la guérison des fractures. «Une technique similaire est utilisée en médecine», nous explique Ingo Eisenbarth (49 ans), spécialiste en chirurgie de la main et copropriétaire du centre orthopédique Orthopädie am Rhy de Bâle. Chez l’homme, on essaie aussi de remédier aux problèmes de guérison des fractures par des ultrasons thérapeutiques.

Le chat serait donc un remède naturel à beaucoup de maux. Alors que faire quand on n’en possède pas? Selon une étude de l’Indiana University Bloomington (Etats-Unis), le simple fait de regarder des vidéos de chats rend heureux. Plutôt une bonne nouvelle, non?

Conseils

Lire les conseils de notre vétérinaire

En bref

  • Les chats ont un effet positif sur l’humeur des personnes dépressives.
  • Leur présence peut réduire le risque de crise cardiaque.
  • Leurs ronronnements stimulent la guérison de leurs os brisés.
  • Les chats sont capables de se souvenir d’une centaine de personnes.
  • Ils dorment jusqu’à 16 heures par jour.

Minous célèbres

L’histoire entre l’homme et le chat a commencé environ 7000 ans avant J.-C. Ce lien est très présent dans la littérature, au cinéma, dans la bande dessinée, les comédies musicales, le monde du spectacle ou encore dans les noms de marques.

Hello Kitty. L’adorable personnage, créé en 1976 par la société japonaise Sanrio, a toujours la cote.

Tom (et Jerry). Le dessin animé culte sur nos écrans de télé depuis 1940.

Le Chat. Depuis 1983, le célèbre personnage de Philippe Geluck manie le jeu de mots.

Garfield. Il déteste les lundis, adore les lasagnes et passionne ses lecteurs depuis 1978.

Choupette. Succès aussi dans le mannequinat pour le sacré de Birmanie du couturier Karl Lagerfeld (1933–2019).

Cats. La fameuse comédie musicale, imaginée par Andrew Lloyd Webber, fait partie des plus gros succès du genre.

Le chat botté. Ce conte de Charles Perrault enchante petits et grands depuis 1697.