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La Reine de cœur des enfants

La «Reine des neiges» revient dans une nouvelle aventure. Mais quel est donc le secret de la fascination pour l’héroïne, Elsa, et sa courageuse sœur cadette, Anna? Nous avons mené l’enquête.

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Tobias R. Dürring
13 novembre 2019

Quatre années de travail ont été nécessaires pour réaliser la suite de «La Reine des neiges».

La diffusion exclusive de plusieurs extraits vidéo du film est prévue dans une heure. Déjà, une soixantaine de personnes s’impatientent dans le hall d’accueil de l’Astor Film Lounge, l’ancien cinéma grand luxe de Berlin. Un cadre idéal pour cet événement particulier. Il fallait bien ça! Non, il ne s’agit pas du nouveau «Star Wars», ni du dernier «James Bond». Les ados qui se bousculent attendent les premières images du film d’ani­mation «La Reine des neiges 2» («Frozen», en version originale).

Bon nombre de ces jeunes n’étaient encore que des enfants lorsqu’ils ont vu le premier volet des aventures d’Anna et d’Elsa, il y a six ans. Des dizaines de dessins animés ont vu le jour depuis, suivis de divers articles de merchandising. Mais Anna, Elsa et Olaf, le bonhomme de neige rigolo (en photo ci-contre), trônent toujours sur les étals des supermarchés. Car la magie de la «Reine des neiges» opère encore! «J’ai produit beaucoup de films dont je suis très fier, déclare Peter Del Vecho (61 ans), cependant aucun n’a eu de retombées telles que celles de «Frozen». C’est vraiment stupéfiant.» Le producteur du long-métrage d’animation travaille pour Disney Animation Studios depuis 24 ans.

Une intrigue palpitante

Ce qui est aussi incroyable, c’est que Disney ait attendu si longtemps pour sortir la suite du dessin animé. Un phénomène qui s’explique en grande partie par les coûts faramineux des films d’animation, les plus onéreux de l’industrie cinématographique. Et les studios Disney ne font pas les choses à moitié: pas moins de quatre années de travail ont été nécessaires à l’élaboration de ce deuxième opus, qui n’aurait dès lors pas pu sortir plus tôt. «A l’époque où nous travaillions sur le premier film, personne n’avait encore imaginé une suite», se souvient Peter Del Vecho. Un an après la sortie, les réalisateurs se sont toutefois rendu compte que le film était toujours projeté dans certains cinémas, et ce malgré qu’il soit disponible en DVD.

Peter Del Vecho

Producteur de «La Reine des neiges»

Si on analyse le contenu du dessin animé, on s’aperçoit vite qu’il suit le schéma traditionnel dont les studios Disney ont le secret: des personnages forts, une intrigue palpitante parsemée d’éléments comiques et une bande originale qui marque les esprits. «Le fait que les deux protagonistes soient sœurs (Elsa, la reine, et Anna, sa sœur cadette) a apporté au film ce petit supplément d’âme qui l’a rendu unique, souligne le producteur. Par ailleurs, les protagonistes ne sont pas parfaites. Elles commettent elles aussi des erreurs, ce qui facilite le processus d’identification.» Anna a tout de même failli épouser un homme qui avait en tête de se débarrasser d’elle… «Si l’histoire est bonne et que les personnages sont réussis, le public a envie d’y revenir, de redécouvrir cet univers pour retrouver les sensations qu’ils avaient éprouvées la première fois.»

Les enfants sont devenus fans d'Elsa avant même d'avoir vu le film.

Des personnages qui fascinent

Ingrid Tomkowiak (63 ans), professeure de cultures populaires à l’Université de Zurich (lire l’interview en pages 20-21), est elle aussi d’accord pour dire qu’Elsa se distingue des autres héroïnes: «Elle est capable de tout transformer en glace. Elle est isolée, mais c’est justement sa force. Je pense que c’est cette force qui a parlé aux jeunes filles.» C’est par un acte libérateur que la Reine des neiges rompt avec l’isolement dont elle souffrait dans le château parental, et s’émancipe. Avons-nous donc affaire à une histoire de femme moderne? Ingrid Tomkowiak relativise: «Le produit final est parfait. Tout s’accorde à merveille: l’esthétique, le suspense, la musique, les effets spéciaux.»

Le succès que le dessin animé connaît au cinéma n’est que le début d’un long règne. Le secret qui permet d’entretenir la fascination que suscite la reine aux cheveux blonds a un nom: le merchandising. De toute son histoire, Disney n’avait encore jamais lancé de campagne aussi vaste, avec des articles sous licence aussi variés: du dentifrice aux yogourts, des draps de lit aux cartables, tout y passe! On ne compte plus les articles à l’effigie d’Elsa, d’Anna ou d’Olaf. «Disney a même réussi un autre tour de force: une vague bleue déferle sur les petites filles, évinçant l’éternel rose», salue Ingrid Tomkowiak. L’omniprésence de ces personnages dans les magasins fascine les enfants. Nous avons assisté à un nouveau phénomène: les enfants sont devenus fans d’Elsa et ses compères avant même d’avoir vu le film.

La valeur de la marque La Reine des neiges a pris des proportions difficiles à chiffrer. D’un côté, Disney maintient ses bilans confidentiels comme Picsou protège ses pièces d’or, de l’autre la diffusion mondiale est telle qu’il est presque impossible de la mesurer. Quelques chiffres glanés sur le marché allemand donnent toutefois une idée de l’ampleur du phénomène: de 2015 à 2018, plus de 16 millions de jouets Disney «La Reine des neiges» ont été vendus*. Et l’on ne parle bien que des jouets! Les autres articles de la licence ne sont ici pas pris en compte. En Allemagne, sur ces quatre années, le chiffre d’affaires global s’élevait à 170 millions d’euros, hissant «La Reine des neiges» au rang de deuxième licence du géant du cinéma en termes de chiffre d’affaires, juste derrière le géant «Star Wars».

«Nous y avons mis tout notre cœur»

Les chiffres qui suivent en disent long sur l’importance de ce dessin animé pour Disney: «La Reine des neiges 2» est le 58e classique d’animation maison, mais seulement la quatrième suite, et la toute première suite d’une «comédie musicale animée». Cependant, ce n’est pas le succès du box-office qui a motivé l’équipe de 2013 à produire le deuxième opus. «Quand nous avons tourné le court-métrage «La Reine des neiges: Joyeuses fêtes avec Olaf», début 2015, nous avons saisi combien ces personnages nous avaient manqué», raconte Peter Del Vecho. L’équipe a compilé toutes les questions restées sans réponse: d’où viennent les pouvoirs magiques d’Elsa? Pourquoi Anna n’a-t-elle pas les mêmes dons? Qu’est-il arrivé à leurs parents? Et s’ils n’étaient pas morts? Le projet séduit immédiatement les dirigeants américains et fait trépigner d’impatience les fans. «Nous connaissions les spéculations et les attentes du public concernant ce deuxième volet. Mais nous avons dû faire abstraction de la pression pour emmener les personnages dans une aventure qui nous semblait cohérente», explique le producteur.

Emancipée et indépendante, Elsa est une héroïne moderne.

Le résultat de ces quatre années de recherches en Norvège, en Finlande et en Islande sera à l’affiche des salles de cinéma à partir du 20 novembre prochain. Le deuxième opus saura-t-il faire mieux que le premier? «Nous y avons mis tout notre cœur et toute notre âme, souligne Peter Del Vecho. Mais peu importent notre admiration et notre fierté, la beauté du cinéma tient justement au fait que le succès n’est jamais garanti à l’avance.» Un peu de magie peut-être?

* Source: npdgroup Deutschland GmbH, Retail Tracking Toys, 2015–2018.

60 coffrets surprise à gagner

«Coopération» tire au sort 60 coffrets pour les fans de «La Reine des neiges», d’une valeur de 100 francs chacun, comprenant de magnifiques surprises de l’opération fidélité «Disney - Un hiver féerique», ainsi que d’autres produits du royaume d’Elsa et Anna.

Autres informations ici: https://www.cooperation.ch/concours/2019/-la-reine-des-neiges-2-des-coffrets-surprise-a-gagner-241157/

«Elsa fascine par son indépendance»

Ingrid Tomkowiak, professeure à l’Université de Zurich, explique pourquoi les petites filles préfèrent Elsa à Anna et pourquoi le dessin animé n’a plus rien à voir avec le conte original de Hans Christian Andersen.

Ingrid Tomkowiak (63 ans)

Professeure de littérature populaire et médias enfants et jeunesse à l’Université de Zurich

Quels sont les ingrédients d’un dessin animé à succès?

Il faut des personnages forts auxquels les spectateurs puissent s’identifier, une esthétique intéressante et des éléments comiques, à l’instar d’Olaf. On peut y ajouter une histoire plausible avec une trame dramatique pleine de suspense, sur laquelle on greffe des scènes comiques pour alléger l’atmosphère.

La réussite d’un dessin animé passe-t-elle par d’autres recettes?

Je dirais l’interaction parfaite entre musique et esthétique visuelle. «Blanche-Neige», le premier long-métrage animé de Disney, rassemblait ces éléments. Il a été conçu sur le modèle des comédies musicales du Hollywood des années 1930. Disney a toujours été précurseur en matière d’évolution technique. On constate un progrès avec chaque film.

Pourquoi ce film est-il encore si populaire, par rapport à des personnages tels qu’Ariel ou Raiponce?

Ce phénomène est clairement dû à la conception du personnage d’Elsa qui, par son apparence, correspond tout à fait à la tradition des princesses Disney, que les petites filles connaissent. La longue popularité de ce film est liée à sa campagne de merchandising unique et au fait qu’il a été transposé dans de nombreux médias: livres illustrés, applications, jeux vidéo, jeux audio, etc.

Anna est la véritable héroïne de la première partie de «La Reine des neiges». Or, les petites filles lui préfèrent Elsa. Pourquoi?

Chez les toutes petites filles, je l’ignore. Les plus grandes, qui connaissent déjà de telles histoires, sont peut-être fascinées par cette héroïne d’un caractère nouveau: une femme froide, puissante, voire cruelle, mais aussi émancipée et indépendante. Elle ne se sacrifie pas et suit son propre chemin. Peut-être que les filles aimeraient elles aussi un jour avoir du pouvoir. Aujourd’hui, on nous répète qu’il faut avoir l’esprit d’équipe et se montrer gentille avec tous. Un tel personnage peut donc s’avérer attirant.

Six ans plus tard, la suite arrive dans les salles. Vous attendez-vous au même succès?

Il est difficile de répondre à une telle question. Peut-être bien, mais pas forcément. Souvent, les deuxièmes parties connaissent un échec. Les troisièmes volets, eux, ont tendance à s’avérer plus populaires. On le constate aussi dans l’univers littéraire avec les best-sellers conçus sous forme de série. On a beau planifier un succès de manière stratégique, le public ne fait pas toujours preuve de logique.

A partir de quand le filon est-il épuisé?

Cela dépend de la deuxième partie. Une histoire captivante peut tout à fait se poursuivre. Même chose si l’on parvient à remplacer le bleu clair par des couleurs automnales dans le merchandising. Il faut toujours de nouvelles idées.

Jusqu’où le film doit-il être fidèle à l’histoire originale?

«La Reine des neiges» a été pensé comme version filmée du conte d’Andersen. Mais l’histoire a tant évolué qu’elle n’a plus rien à voir avec l’original. Autrefois, l’effet de reconnaissance avait une grande importance. Aujourd’hui, les gens veulent simplement profiter d’un bon divertissement.


Tasses et peluches à collectionner

Demandez les timbres chez Coop!

Avant même la sortie de «La Reine des neiges 2», le 20 novembre, une ambiance givrée règne chez Coop dès ce vendredi. Ainsi, du 8 novembre au 24 décembre, vous recevez un timbre par tranche d’achats de 10 francs. Avec 40 timbres, vous pourrez choisir un article Disney de votre choix. Tous les fans du film d’animation y trouveront leur compte: des tasses et des peluches à l’effigie d’Elsa, d’Anna, d’Olaf et du renne Sven, une couverture Olaf pour enfants (100 × 120 cm). Et pour les plus grands, une bouteille isotherme à double paroi* (500 ml) ou un plaid tout doux couleur gris glacier* (130 × 160 cm).

* Ces articles ne sont pas de la marque Disney.

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