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Production suisse

Le règne végétal

Les consommateurs accordent de plus en plus d’importance aux produits régionaux et de saison. De fait, les fruits, légumes et baies suisses ont le vent en poupe. Découvrez toutes les stars de nos cultures locales.

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Getty Images | Shutterstock
01 juin 2020
La Suisse produit au total 460000 tonnes de légumes.

La Suisse produit au total 460000 tonnes de légumes.

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Cinq par jour! Consommer cinq portions de fruits, baies et légumes par jour, c’est ce que recommande la Société Suisse de Nutrition (SSN). Une grande majorité de la population suit scrupuleusement ce conseil en garnissant allègrement ses assiettes de verdure et autres bombes vitaminées. En 2018, les Suisses ont ainsi consommé 85 kilos de légumes et 76,8 kilos de fruits par personne, dont 6,9 kilos de baies.

Les fraises, les pommes et les carottes sont les grandes vedettes du palmarès. Cependant, savez-vous que nos cultures regorgent également de baies d’açaï et de goji, de raifort (1 tonne), de melons (1 tonne), d’artichauts (1,4 tonne), de cima di rapa (4 tonnes), de pois mange-tout (21 tonnes), de piments (23 tonnes) et de cardons (31 tonnes)? Des baies et des légumes, donc, qui sont souvent importés des pays du Sud, voire de régions tropicales. «Comparé aux quelque 30000 tonnes de tomates récoltées ici chaque année, on peut considérer que ce sont des variétés exotiques», explique Markus Waber, directeur adjoint de l’Union maraîchère suisse. Quels fruits et légumes dits «exotiques» et pourtant cultivés en Suisse peut-on retrouver chez Coop? «Les rayons sont notamment garnis de kiwis, patates douces, physalis (en plus petite quantité) et depuis peu de gingembre», ajoute Malte Stackebrandt, acheteur Légumes chez Coop.

Concernant la surface fruitière cultivée en Suisse, la pomme arrive en tête.

Potager suisse

La plupart des fruits, baies et légumes locaux éveillent bien sûr les soupçons habituels. «La Suisse cultive près d’une centaine de légumes différents. Pour ce qui est des variétés locales, nous sommes autosuffisants à hauteur de 55%, souligne Markus Waber. La Suisse produit au total 460000 tonnes de légumes frais, de garde ou de transformation.»

Quelque 40% de cette production atterrit auprès de grands consommateurs, tels que les cantines, hôpitaux et restaurants. Les 60% restants sont distribués à la population par l’intermédiaire du commerce de détail, dont 80% sont achetés par les deux détaillants principaux, notamment Coop. «Des brocolis, choux-fleurs, choux verts, choux rouges et choux frisés, en passant par le céleri, les carottes, pommes de terre et patates douces jusqu’aux asperges, tomates et salades, nous proposons tout ce que la Suisse a à offrir, énumère Malte Stackebrandt. A cette liste s’ajoutent les baies, les fruits à pépins et les fruits à noyau.» L’année dernière, les récoltes de baies ont été pour le moins abondantes: fraises (6836 tonnes), framboises (1982 tonnes), groseilles (265 tonnes), mûres (516 tonnes), myrtilles (52 tonnes), groseilles à maquereau (39 tonnes), cassis (10 tonnes). La production suisse n’est toutefois parvenue à assouvir que 23% des besoins de la population en la matière. «La concurrence entre les produits locaux et ceux venus de l’étranger est de plus en plus rude», explique Beatrice Rüttimann, de Fruit-Union Suisse.

Avec un taux de consommation locale s’élevant à 97%, les pommes n’ont, pour leur part, pas de souci à se faire. Elles sont suivies de près par les pruneaux (74%), les poires (66%), les cerises (51%) et les abricots (43%). «Outre les fruits locaux, les clients Coop apprécient aussi les agrumes, bananes et autres fruits exotiques qui, en raison de nos conditions climatiques, ne peuvent être cultivés sous nos latitudes», poursuit Malte Stackebrandt.

Labels «Ma région» et «Ünique»

Coop s’efforce constamment de proposer aux clients une offre régionale (sous le label «Ma région»), ainsi que des produits hors normes, et donc difficiles à écouler (sous le label «Ünique»). Elle s’attache aussi à renouveler régulièrement son assortiment de fruits et légumes nouveaux, jusqu’ici inconnus. «Nous gardons toujours les yeux et les oreilles grands ouverts à ce sujet, révèle Malte Stackebrandt. Nos véritables dénicheurs de tendances sont toutefois les équipes de Betty Bossi et de Fooby, qui nous sont d’une aide précieuse.»

Cultures bio

Environ 1800 exploitations professionnelles produisent 95% des légumes suisses. Les 5% restants sont cultivés par des entreprises dont l’agriculture n’est pas la principale source de revenus. Les carottes, tomates et oignons constituent les plus grosses cultures (voir l’encadré en page 20). Les légumes et les baies ne peuvent évidemment pas tous pousser en plein air en raison des conditions climatiques de notre pays. Sur un total de 13500 hectares de cultures légumières, environ 1000 sont placés sous serre, et environ un tiers des fraises pousse à l’abri des intempéries.

La part de cultures bio par rapport à la surface totale n’avoisine que les 10%, aussi bien pour les baies que pour les légumes. D’après Bio Suisse, en 2018 la vente de fruits bio a représenté 245,7 millions de francs et 317,8 millions de francs pour les légumes bio; ce qui équivaut respectivement à 16,2 et 21,8% du chiffre d’affaires total du secteur alimentaire. Et Malte Stackebrandt d’ajouter: «Chez Coop, 22% des légumes et 17% des fruits proposés (baies comprises) sont issus de l’agriculture biologique.»

Changement climatique: le défi

La question se pose encore de savoir quel impact aura le changement climatique sur les cultures maraîchères suisses. «C’est pour nous un véritable défi, car le volume des récoltes, aussi bien pour les fruits que pour les légumes, est difficilement prévisible en Suisse. L’année dernière, nous avons eu quelques problèmes d’approvisionnement en choux en raison des pluies abondantes, explique Malte Stackebrandt. Les pays étrangers disposent de surfaces de culture plus larges et plus nombreuses. Ils ont donc moins de difficultés à compenser les pertes.» L’acheteur poursuit en argumentant que d’un autre côté, les dérèglements climatiques pourraient allonger les phases de production pour les fruits et légumes en Suisse, ce qui permettrait de gonfler les récoltes annuelles.

Markus Waber, directeur adjoint de l’Union maraîchère suisse, est lui aussi conscient des conséquences du changement climatique: «Les hivers sont plus chauds et plus courts, ce qui accroît la pression des organismes nuisibles. Les étés secs demandent, quant à eux, un arrosage plus fréquent, ce qui augmente la charge de travail. Les variétés plus résistantes sont donc très prisées.» Cela étant dit, il tire aussi du positif de la situation: «J’y vois de nouvelles opportunités potentielles, avec la culture de nouvelles variétés et la prolongation de la saison.»

 


Quelques chiffres

350

Variétés de fruits et légumes locaux «Ma région» proposées chez Coop

231,74

Nombre d’hectares de doucette cultivée sous serre en Suisse

21,8%

Augmentation de la surface de culture de baies en 2019

25%

Près d’un quart des légumes cultivés subissent une transformation industrielle.

79%

Quantité des pommes à cidre provenant de Suisse orientale

 


Top 5 des quantités de légumes produits en Suisse en 2018

  • Carottes 69 904 t
  • Tomates 34 931 t
  • Oignons (jaunes) 29 045 t
  • Salade iceberg 16 945 t
  • Laitue pommée 13 708 t

Source: Centrale suisse de la culture maraîchère et des cultures spéciales

Top 5 des fruits en Suisse en 2019 (en fonction de la surface cultivée)

  • Pommes 3736,4 ha
  • Poires 765,4 ha
  • Abricots 741,8 ha
  • Cerises 594,7 ha
  • Prunes/Pruneaux 316,8 ha

Source: Fruit-Union Suisse

Top 5 des baies en Suisse en 2020 (en fonction de la surface cultivée)

  • Fraises 521,4 ha
  • Framboises 171,2 ha
  • Myrtilles 107,9 ha
  • Baies d’aronia 70,4 ha
  • Groseilles 33,8 ha

Source: Fruit-Union Suisse