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Viticulture bio

«La clé, c'est le sol»

En viticulture bio, la maîtrise du sol est capitale. Démonstration avec les engrais verts. Connus aussi sous le nom de couverts végétaux temporaires, on en aperçoit à quelques encablures du Château de Mont-sur-Rolle, sur La Côte.

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Louis Dasselborne
07 juin 2021
Parmi les espèces de ce couvert végétal temporaire figure la moutarde  (en jaune), semée par le viticulteur Eric Meylan.

Parmi les espèces de ce couvert végétal temporaire figure la moutarde (en jaune), semée par le viticulteur Eric Meylan.

Des plantes qui fleurissent entre les rangs de vignes, dépassant un mètre de hauteur: si vous avez déjà observé ce type de paysages surprenants, c’est que vous avez déjà vu des engrais verts, ou couverts végétaux temporaires. Il s’agit de plantes qui ont pour but de protéger le sol en lui apportant de la vie, en le décompactant et en lui permettant de résister au climat.

«Grâce à ces espèces, une fois détruites et laissées sur place pour former un paillage, le sol ne va pas sécher en été ni s’arrêter de travailler. On garde l’humidité et la bonne température pour que la vigne se développe au mieux», précise David Marchand (40 ans), conseiller en viticulture bio à l’antenne romande du FiBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique), située à Lausanne. Cet expert encadre des vignerons autour de cette méthode depuis six ans.

«Avec des engrais verts, les sols limitent l'effet des sécheresses»

David Marchand, conseiller en viticulture bio

Le scientifique marche sur des parcelles cultivées par le vigneron-tâcheron et fermier Eric Meylan (39 ans). Celui-ci représente la troisième génération de Meylan à travailler pour le domaine viticole et agricole de la famille Naef, propriétaire du Château de Mont-sur-Rolle. Converti au bio, il mise sur les couverts végétaux temporaires. «La clé en viticulture bio, c’est le sol. Je me suis toujours dit que le jour où j’arriverais à le maîtriser, j’arrêterais les traitements fongicides contre le mildiou et l’oïdium. C’est fait, mais le chemin a été long», témoigne Eric Meylan. Il est suivi de près par son bouvier appenzellois de 8 ans, qui s’appelle Merlot, comme le cépage! Le viticulteur explique que le fait d’avoir plusieurs types de racines dans le sol fait que d’autres micro-organismes se développent: «L’idée est d’en inonder la terre car ils sont utiles et complémentaires pour la vie du sol.»

Le bon équilibre pour la vigne

Le mélange d’espèces s’avère essentiel et le principe des engrais verts est de semer des espèces annuelles, donc temporaires. Le mélange absorbe différents éléments puis les rend assimilables par la vigne, une fois détruit. Après les dernières vendanges, Eric Meylan a semé des légumineuses (trèfle et luzerne), qui captent l’azote atmosphérique, des crucifères (moutarde), saisissant des éléments nutritifs, et des graminées annuelles (seigle), qui structurent le sol en surface.

Le viticulteur vaudois a également opté pour la phacélie, dont les jolies fleurs mauves attirent les butineurs. Résultat, le sol s’avère plus vivant et fertile par rapport à un engazonnement permanent classique. En effet, avec ce dernier, les graminées pérennes prennent le dessus sur les autres plantes, car elles arrivent le mieux à passer les sécheresses estivales. Or, ce sont les espèces les plus concurrentielles pour la vigne. «Au bout de quelques années, ces gazons permanents sont très gourmands en eau et en azote, entraînant des risques de perte de récolte lors de grosse sécheresse. Avec des engrais verts, on a des sols plus résilients qui limitent l’effet des sécheresses ainsi que des pertes de rendement et de qualité», souligne David Marchand.

La pluie de ce printemps a eu une excellente influence sur les couverts végétaux temporaires d’Eric Meylan. Il les a détruits durant l’avant- dernière semaine de mai, au rouleau. «Il y a eu une très bonne biomasse, c’est une réussite.» L’été peut arriver, le sol du vignoble est bien armé!

Le raisin d'Eric Meylan chez Coop

La Côte AOC Grand Cru Château de Mont-sur-Rolle

Doté d’un agréable bouquet fleuri, ce Chasselas offre une fraîcheur plaisante dès la première gorgée, sur des notes minérales. Il est produit avec le raisin bio cultivé par Eric Meylan et celui de son cousin, Cédric Albiez, qui travaille en viticulture conventionnelle. Vin d’apéritif par excellence, ce blanc se marie aussi très bien aux poissons de lacs. 12 fr. 50/75 cl, en vente uniquement dans certains magasins et sur Mondovino.