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BARILLA

La passion des pâtes

Barilla a été fondée à la fin du XIXe siècle. La quatrième génération est aujourd’hui à la tête du groupe spécialisé dans la production de pâtes. Paolo Barilla évoque l’esprit de cette entreprise familiale, présente sur le marché mondial.

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MELANIE DUCHENE
27 septembre 2021
Paolo Barilla (60 ans), vice-président de Barilla, lors de sa visite  en Suisse début septembre.

Paolo Barilla (60 ans), vice-président de Barilla, lors de sa visite en Suisse début septembre.

Que signifient pour vous continuité et innovation?

La continuité est notre force. Pour sa part, l’évolution est la clé pour affronter les changements en matière de gastronomie, à l’image du plaisir de manger ou de l’attention accrue pour la nutrition ou la durabilité. Ce sont nos principales exigences aujourd’hui. Innover consiste à avoir un rôle de premier plan et à améliorer la filière alimentaire.

Comment les frères Barilla ont-ils réussi à conserver l’esprit familial sur un marché mondialisé?

Diriger une entreprise familiale, c’est envisager l’avenir avec une perspective différente, à long terme. Le goût pour la bonne nourriture, le partage de moments de joie et de convivialité ne sont pas une façade, mais notre façon d’interpréter chaque aspect de la filière et de la valoriser par l’innovation. Les rayons garnis de bons produits ne sont pas un acquis: les virus, les pénuries de récoltes ou de matières premières peuvent être des problèmes réels pour ceux qui gèrent les approvisionnements. Cela dit, la nourriture doit rester accessible. Ainsi, la logistique a été mise à rude épreuve pendant la pandémie. Pourtant, nous avons réussi à assurer l’approvisionnement. Et nous sommes plus durables en acheminant nos produits par le train. Chaque année, nous retirons 450 camions du transport routier et déjà un tiers de l’approvisionnement en Suisse se fait par le rail.

L’histoire de Barilla démarre à la fin du XIXe siècle avec Pietro Barilla. Dans les années 1970, la société est vendue à une multinationale. Dans les années 1990, elle vit l’heure de l’expansion. Quels sont vos objectifs pour la prochaine décennie?

Je vous répondrai avec un exemple concret: si les spaghettis ont toujours la même apparence, la qualité des matières premières, de l’eau, de la culture, de la vie de l’agriculteur qui produit le blé ou le rôle de l’environnement ont, eux, évolué. Ce sont autant d’aspects que nous exprimons dans le concept de qualité. Quand on possède une marque et que l’on veut poursuivre les objectifs d’une «good company», il faut améliorer sans cesse ce qui fait sa réputation. Nous accordons en outre une grande importance aux relations stratégiques de collaboration et de filière, de l’agriculteur au producteur en passant par le client.

«Notre objectif est de créer des produits goûteux»

 

Que signifie la durabilité pour une firme familiale et multinationale?

Le produit est notre point de départ. Cela signifie que nous sommes attentifs aux cultures, à l’origine des matières premières, aux émissions de CO2, autant d’objectifs qui se reflètent dans nos valeurs. L’application de la charte «Carta del Mulino», un cahier des charges pour la culture du blé tendre développé avec le WWF Italie, illustre ce point. Nous en avons conclu qu’il fallait cultiver des champs de fleurs à côté des champs de blé pour favoriser la biodiversité. A l’heure actuelle, l’équivalent de 1800 terrains de football sont plantés avec des fleurs sauvages. Nous nous engageons dans d’autres filières stratégiques, comme le blé dur, en travaillant avec plus de 10000 agriculteurs dans le monde.

Après les pâtes aux œufs, les gressins, les crackers et les biscuits de la marque «Mulino Bianco». Votre prochain défi?

Notre but est de fabriquer des produits savoureux. Nous favorisons dès lors les recettes simples et les listes d’ingrédients courtes. Les sauces sont un exemple de saveur simple. Elles sont concoctées avec des produits basiques: tomates produites près de Parme, basilic acheté auprès de partenaires locaux, fromage et huile italienne.

Qu’en est-il des pâtes à la farine de pois chiches ou de lentilles rouges?

C’est scientifique: sur le plan nutritionnel, il est conseillé de manger plus de protéines d’origine végétale et, en agriculture, les légumineuses enrichissent la terre en substances naturelles. Les pâtes aux pois chiches ou aux lentilles allient donc protection de l’environnement, nutrition et goût. Là encore, les contrats de filière sont notre point fort, à travers les cultures de rotation et de proximité. C’est l’exigence que dicte l’avenir. En tant qu’entreprise, nous constituons un pôle de premier plan, car nous favorisons l’amélioration des cultures, nous proposons des produits durables que nous pouvons transformer grâce à nos compétences. Pour ce faire, nous avons investi l’année dernière 40 millions d’euros dans la recherche et le développement.

Le Barilla Center for Food & Nutrition (BCFN) est l’un de vos fleurons.

Oui, le BCFN est notre «think tank», un espace de réflexion qui encourage le débat et stimule l’innovation. Le besoin de tout entrepreneur innovant est de mettre en relation les acteurs de la filière à chaque étape de la production. Pour cela, nous avons besoin d’experts en nutrition, de technologues, de consultants et de chercheurs, qui trouvent un espace de débat dans la Fondation Barilla.

Comment Paolo Barilla s’identifie-­t-il avec l’affirmation «Good for you, good for the planet»?

La qualité est une valeur qui évolue avec les personnes qui consomment des produits Barilla. Dans l’après-guerre, il fallait offrir à la population un produit de base de haute qualité et bon marché . Un concept valable aujourd’hui et demain. Mais nous devons pouvoir réinterpréter cette valeur, en continuant à être nous-mêmes et en étant responsables face à la planète et à ceux qui choisissent Barilla. Donc, goût en perspective, innovation en perspective, saisonnalité en perspective, des thèmes véhiculés par les chefs qui expliquent les caractéristiques d’un plat.

Votre rêve et celui de Barilla?

Transmettre la passion et avoir plus d’impact sur les choses dont j’ai parlé.