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La relève au poulailler

A Vaumarcus (NE), Dana Berger se prépare à reprendre l’exploitation familiale connue pour sa production d’œufs de la région. La jeune femme de 21 ans n’a pas peur de relever ce défi, où l’on compte les poules bien plus que les heures de travail.

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Valentin Flauraud
27 septembre 2021
Dana Berger déguste un œuf à la coque fraîchement pondu, à côté de sa ferme, sur les hauts du lac de Neuchâtel.

Dana Berger déguste un œuf à la coque fraîchement pondu, à côté de sa ferme, sur les hauts du lac de Neuchâtel.

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Lorsque Dana Berger entre dans le nouvel enclos − un vaste parc de 3 hectares construit en 2020 −, les poules accourent par dizaines, par vingtaines. Elles picorent ses baskets, l’observent en penchant la tête. «Elles sont très curieuses», sourit-elle. Actuellement, 12000 poules résident dans le nouveau poulailler des Berger. Ce sont des Brown Nick, «très gentilles et très sociables», ajoute Sabine Berger, la maman de Dana, qui n’est jamais bien loin.

Un œuf par jour

Les 12000 locataires du poulailler sont toutes des pondeuses. «Elles ont en ce moment une trentaine de semaines et pondent, en moyenne, un œuf par jour», explique Dana. Le calcul est vite fait. Cela représente environ 12000 œufs à ramasser au quotidien. La collecte est facilitée grâce à une machine qui transporte les œufs depuis les nids sur des rails. Toutefois, chaque jour, des centaines d’œufs, parfois 500, se trouvent par terre, et il faut les ramasser à la main bien entendu.

Des abris ont été construits dans le parc pour protéger les poules des buses qui font partie de leurs principaux prédateurs avec les renards. «Nous avons bien assuré le grillage pour empêcher les renards d’entrer car, en général, ils en égorgent plusieurs pour n’en prendre qu’une au final», indique Dana.

Les 12000 poules de la ferme des Berger peuvent sortir chaque jour, à leur guise, afin de gambader dans l'herbe.

«Je n’ai pas besoin de vacances»

La jeune femme a grandi dans la ferme des Berger qui possède des poules depuis 1950. Dans les années 1980, sa grand-mère décide de se lancer dans la production d’œufs à grande échelle. Puis les parents de Dana prennent la relève en 2000. Dans quelques années, lorsqu’elle aura terminé son apprentissage, c’est elle qui sera à la tête de l’exploitation. Les apparences sont trompeuses, la jeune femme plutôt réservée, à la voix douce, vient de passer son permis poids lourds et adore travailler les champs sur de grosses machines. A l’écouter, la gestion du poulailler n’a pour elle rien de sorcier.

La production d’œufs représente «un bon business», affirme Sabine Berger. La forte demande des consommateurs garantit des revenus relativement stables. Mais si les œufs ne connaissent pas la crise, le travail que cela représente n’a rien d’anodin. Il ne se compte pas en heures journalières − car les pauses entre les activités peuvent parfois être longues − mais en jours sans week-ends ni vacances. «Les poules ne vont pas s’arrêter de pondre si on s’absente», ajoute Sabine Berger, qui attend avec impatience une retraite anticipée bien méritée, pour voyager notamment, en couple. Depuis 20 ans, ni elle ni son mari n’ont en effet goûté aux plaisirs des jours de congé.

Quand on interroge Dana sur ses motivations à travailler 356 jours par an, elle répond tout de go: «J’ai toujours vécu comme ça. Durant mes vacances scolaires, j’adorais monter dans le tracteur de papa. J’aime travailler dehors, je n’ai pas besoin de vacances.»

La jeune femme monte également à cheval. Ses chevaux partagent d’ailleurs le parc avec les poules. Et en plus du poulailler, du travail dans les champs, elle réfléchit à acheter des vaches plus tard. Tout en restant réaliste: «On ne peut pas tout faire.»

Œufs neuchâtelois d'élevage en plein air

3 fr. 50/6 pièces 53g+, en vente dans la plupart des points de vente Coop du canton de Neuchâtel