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Un apiculteur piqué par la passion

Quand on lui a proposé de reprendre une ruche il y a 26 ans, Jean-Luc Meusy n’a pas hésité une seule seconde. Aujourd’hui, il livre son miel et celui d’autres apiculteurs jurassiens à l’entreprise Narimpex SA, basée à Bienne, qui le revend à Coop.

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Heiner H. Schmitt
19 juillet 2021
Jean-Luc Meusy compte 70 ruches situées sur trois sites non loin de son domicile.  Il a ainsi le bonheur de pouvoir s'y rendre tous les jours.

Jean-Luc Meusy compte 70 ruches situées sur trois sites non loin de son domicile. Il a ainsi le bonheur de pouvoir s'y rendre tous les jours.

 

«Je suis un amoureux de la nature! Je m’adonne à l’apiculture, à l’arboriculture, à la chasse, au jardinage et au VTT électrique», glisse d’entrée l’actif policier à la retraite Jean-Luc Meusy, que nous rencontrons pour qu’il nous parle de ses abeilles et de son miel. «J’ai 70 ruches réparties sur trois sites.» Et le Jurassien de compléter: «Toutes mes colonies se trouvent à quelques minutes de mon domicile, situé à Bassecourt. Je peux et je vais donc les voir tous les jours!»

Il a commencé l’apiculture en 1995 et s’en souvient comme si c’était hier. «En me promenant, j’ai aperçu au loin un homme couché à côté d’un rucher. Comme il ne bougeait pas, j’ai cru qu’il avait eu un malaise. Heureusement, il faisait juste une sieste. Puis, nous avons discuté et il m’a proposé de reprendre ce rucher qui n’avait plus de propriétaire.»

Trois jours plus tard, Jean-Luc Meusy l’achetait et se lançait corps et âme dans sa nouvelle passion. «J’ai eu beaucoup de chance de bénéficier des conseils de cet apiculteur aguerri!» Au fil des années, aidé de ses deux fils, il a augmenté le nombre de ses ruches et a construit un nouveau rucher avec l’aide d’un menuisier retraité. Il collectionne aussi tout ce qui touche à l’apiculture d’antan.

Livraison à Narimpex

Depuis une dizaine d’années, Jean-Luc Meusy a la mission de réquisitionner le surplus de miel des apiculteurs jurassiens pour le livrer ensuite à l’entreprise Narimpex SA, basée à Bienne. «Nous ne lui livrons jamais tout notre miel, car nous en vendons aussi à notre entourage qui est très demandeur. Et bien sûr, nous gardons toujours quelques pots pour notre famille et nous-même.»

Jean-Luc Meusy organise deux livraisons par année avec le concours d’une entreprise de transport locale. Il réunit ainsi quatre miels différents provenant d’une quarantaine d’apiculteurs jurassiens: «Comme la floraison du colza et des fleurs a lieu avant celle des arbres (à l’exception des arbres fruitiers), nous envoyons d’abord notre miel de colza et de fleurs, puis en automne celui de forêt et de sapin.»

Une fois le miel réceptionné par Narimpex SA, elle le met en pots et le revend à Coop sous l’étiquette Nectaflor Miel du Jura suisse.

Le Jurassien craint que les températures fraîches de ce printemps aient un impact sur les quantités de miel produites par ses abeilles. «En dessous de 12 °C, les abeilles ne sortent pas et donc se retrouvent sans nourriture. Pour éviter qu’elles meurent, je leur ai donné du sirop.» A la question de savoir combien produit une colonie, il répond qu’en plus de dépendre de sa qualité c’est très variable d’une année à l’autre. «Je suis déjà satisfait quand une colonie donne 20 kg de miel.»

L’apiculteur consomme de son miel quotidiennement. «Chaque soir, je bois deux tasses de thé agrémentées de miel de fleurs.» Quant à son miel de forêt – qui a un goût plus prononcé et moins doux que le premier –, il en prend toujours avec le doigt lors de l’extraction. «C’est fabuleux!» s’enthousiasme-t-il.

Mais ce qu’il aime encore plus, c’est de partager sa passion avec les élèves, les passants et surtout ses petits-enfants. «La relève est toute trouvée», se réjouit-il.