«Le yodel raconte une histoire» | Coopération
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INTERVIEW
MELANIE OESCH

«Le yodel raconte une histoire»

Bientôt de nouveau maman, l’icône du yodel sera en tournée en Suisse romande, dès le mois d’octobre, avec son groupe Oesch’s die Dritten. Rencontre dans les vertes collines de l’Oberland bernois, près de Thoune.

TEXTE
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Peter Mosimann
26 octobre 2021

Adolescente, la Bernoise au sourire radieux se voyait journaliste. Mais «par un heureux concours de circonstances» la musique − sa passion de toujours − est devenue son métier. Et le groupe Oesch’s die Dritten, qu’elle forme avec sa famille, un vrai phénomène: depuis vingt ans, leur yodel teinté de pop, de blues ou de country enthousiasme le public, faisant fi du Röstigraben. Maman d’un petit Robin, celle qui fêtera ses 34 ans cette année a aussi publié deux livres pour enfants, dont l’héroïne Elin, une gnome des arbres, espère «rouvrir le cœur des gens». Melanie, en tout cas, y réussit.

Comment allez-vous?

Très bien, même si ces jours-ci sont assez chargés. On prépare la tournée. Hier, on a donné un concert à Zurich et on est rentrés à trois heures du matin. Tout à l’heure, on a rendez-vous avec une équipe de la télévision qui nous suit cette semaine, et on veut aussi faire un petit livestream pour notre chaîne Youtube. Demain samedi, on tourne un vidéo- clip et on prépare notre concert de dimanche. Bien sûr, ce n’est pas tous les jours comme ça!

Elle incarne le charme du yodel: Melanie Oesch, qui attend son deuxième enfant pour décembre, ici près de chez elle, à Oberlangenegg (BE).

L’heureux événement est pour bientôt?

Pour le mois de décembre.

Garçon ou fille?

On ne le sait pas encore. Armin, mon compagnon, aimerait bien le savoir. Moi, je ne préfère pas.

Vous habitez toujours dans la région?

Oui, à Oberlangenegg, dans la maison familiale. J’y ai grandi avec mes parents, mes deux frères et mes grands-parents. Pour moi, c’était le paradis. C’était aussi mon souhait de pouvoir habiter là avec Armin et notre fils. Nous logeons dans l’appartement du haut, mes parents au rez-de-chaussée. Nous avons rénové celui du milieu pour en faire notre bureau d’entreprise, y répéter ou y tourner nos livestreams. Quant à mes frères, l’un vit à Thoune, l’autre près de Berne.

Qu’est-ce qui vous plaît ici?

J’aime la nature et les contrastes. Avant la pandémie, on voyageait près de 200 jours par an. Pour moi, c’était toujours très agréable de retourner à la maison, d’y recharger mes batteries, de retrouver la forêt pour me promener. Le paysage, les gens, le dialecte… Je suis fan de ma région!

Etre ensemble sur scène et à la maison, n’est-ce pas parfois compliqué?

Notre maison a toujours abrité trois générations. Pour les grands-parents c’est cool, et pour nous, comme parents, agréable et pratique. Armin travaille aussi dans l’événementiel et tout s’est fait de manière naturelle. Bien sûr, parfois c’est compliqué et on a des avis différents. Mais c’est notre devoir de parler, de faire preuve de compréhension et de respect entre nous tous.

Elle est la voix de tête du groupe qui a régénéré et fait aimer le yodel dans toute la Suisse: Melanie lors de notre rencontre, dans son village.

Tout le monde ici semble vous connaître… ou connaissez-vous tout le monde?

Les deux! En fait, ici tout le monde se salue et on se dit toujours «tu»: Salut, ça va? Wie geht’s? Ailleurs, quand on fait des tournées ou qu’on passe à la télé, tout le monde fait: Wahou! Mais ici les gens trouvent ça normal, donc c’est vraiment agréable.

Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis l’arrivée de votre fils Robin, en mars 2020?

J’ai réalisé qu’il faut bien s’organiser! Comme on a dû reporter beaucoup de concerts, j’ai pu m’occuper de mon fils moi-même, ou mon partenaire, ou mes parents. Mais avec la reprise, on est maintenant complets cet automne avec les dates. On a en plus un grand projet de show télévisé. On a donc dû trouver d’autres membres de notre famille ou des gens de l’extérieur pour s’occuper de Robin quand on travaille. Mais je suis contente: tout est plus ou moins organisé maintenant!

Chantez-vous en cuisinant ou en vous douchant?

Oui, je chante beaucoup, parfois sous la douche, quand je cuisine, quand je conduis… Je fais beaucoup d’exercices pour les cordes vocales, parfois du yodel, mais j’aime bien le country, le blues, le folk et le folklore, par exemple irlandais. C’est agréable d’avoir mon instrument sur moi et j’en profite!

Oesch's die Dritten, c'est une belle histoire qui rassemble le père et la mère de Melanie, ses deux frères; elle est la directrice de Oesch Music GmbH.

Que raconte le yodel pour vous?

Pour moi c’est comme une langue qui me permet de m’exprimer quand je ne trouve pas les bons mots. Par exemple, si je suis en voiture et prise dans la circulation, c’est un moyen de me décharger. Le yodel peut aussi raconter une histoire ou décrire quelque chose. Il peut être très tranquille ou hyperexpressif. Je trouve ça génial.

Vous avez publié deux livres pour enfants. L’écriture vous tient à cœur?

J’ai toujours aimé écrire. J’ai eu la chance de rencontrer la cheffe d’une maison d’édition près de Thoune, à qui j’ai parlé des histoires que j’imaginais. Elle m’a dit: «Oh, c’est génial!» Et en 2016 le premier tome est sorti. J’ai commencé à écrire le troisième, mais j’ai dû arrêter pour l’instant avec tous les concerts et autres projets… Les deux premiers sont en train d’être traduits en français.

A Robin, lui chantez-vous des chansons ou lui racontez-vous des histoires?

Ça dépend, il aime pour l’instant un peu plus la musique.

Dans la préface de vos livres, vous évoquez l’importance des petites choses de la vie. Un exemple?

Je suis très heureuse quand je découvre par hasard un trèfle à quatre feuilles au bord d’un chemin ou dans une prairie. Parfois, je l'emporte avec moi, je le sèche et je l'offre comme porte-bonheur. Ou quelquefois, je le laisse là et pense à quelque chose de beau.

Parlons de votre tournée. Dites-nous pourquoi elle s’appelle «Le voyage continue»?

En 2019, notre tournée Globetrotter «Mon amour c’est la Suisse», avec un programme très diversifié et des chansons dans différentes langues, a eu un très grand succès partout, surtout en Suisse romande où le dernier concert a eu lieu à l’Auditorium Stravinski, à Montreux. On a donc décidé de continuer ce voyage et réalisé un album. C’est aussi bien de dire que malgré la pandémie, les choses continuent!

Ce succès en Suisse romande, comment l’expliquez-vous?

Ça nous étonne toujours. Peut-être est-ce notre musique, notre famille, les valeurs de notre groupe, ou aussi le fait que nous aimons parler et chanter en français? Je ne sais pas.

Si vous deviez habiter en Suisse Romande, où iriez-vous?

Entre le lac Léman et les montagnes, peut-être en Lavaux ou en Valais. J’aime bien les paysages comme ici, avec des collines et des montagnes. La ville, ça me plaît avec des amis ou pour des concerts, mais je ne voudrais pas y habiter.

Il paraît que vous rêveriez de voler comme les oiseaux?

Oui, je trouverais ça génial. Prendre cette perspective d’où l’on peut voir les choses de manière différente et que nos problèmes ne sont parfois pas si importants…

Le yodel vous donne des ailes?

Oui, ça m’inspire. J’aime bien randonner, et si tu passes un col ou une montagne et que tu peux yodler en haut, c’est vraiment impressionnant.

Mis à part de voler, quel serait votre rêve?

Mon rêve, ou plutôt ce que j’espère, c’est que ma famille et moi nous restions en bonne santé, c’est le plus important.

 


Prochains concerts annoncés en Suisse romande :

  • 23.09.2021 Théâtre de Beausobre, 20h, 1110 Morges, VD, 20h
  • 25.09.2021 Théâtre du Martolet, 20h30, 1890 St-Maurice, VS
  • 10.10.2021 Salle CO2, 14h30, 1635 La Tour-de-Trême, FR
  • 16.10.2021 Cort’Agora, 20h, 2016 Cortaillod, NE
  • 23.10.2021 Salle de spectacle, 20h,  2852 Courtételle, JU
  • 24.10.2021 Théàtre du Léman, 15h, 1201 Genève, GE
  • 05.11.2021 Salle Recto Verso, 20h, 3979 Grône, VS