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La Nouvelle-Orléans

Au rythme de La Nouvelle-Orléans 


Ses couleurs vives, ses fêtes et sa musique. Des notes de jazz, de blues et de cajun qui invitent à se déhancher à chaque coin de rue. La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, envoûte. Et s’il ne fallait que quatre raisons d’y aller, les voici.

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Shutterstock, Alamy, Kessava Packiry
02 mars 2020

Le célèbre quartier français invite à la fête tout au long de l’année.

La Nouvelle-Orléans

Le quartier français

Il y a quelque chose de fascinant avec le French Quarter, ou Vieux Carré français: on y est inexorablement attiré. Ses rues reflètent l’héritage historique de cette ville de 400  000 habitants, fondée il y a près de 300 ans: de sublimes bâtisses coloniales aux balcons en fer forgé, des noms qui évoquent la France. Mais aussi l’Espagne, occupante intérimaire de la région avant que Napoléon ne vende la Louisiane aux Etats-Unis. Agrémentées d’échoppes, de bars, de galeries d’art ou de maisons «hantées», les rues du French Quarter restent par la force des choses très fréquentées. Même en période de basse saison touristique. Alors, quand on en a fait le tour à pied, après une journée, on apprécie le soir de se rendre dans les quartiers voisins. Comme le Faubourg Marigny, où l’ambiance est tout aussi ensorcelante. Mais avec le flot de touristes en moins.

La musique

La Nouvelle-Orléans est le berceau du jazz. Et le lieu de naissance de Louis Armstrong. La musique est partout, et à n’importe quelle heure de la journée. Mais pour les mélomanes, le Preservation Hall est incontestablement un must. Etonnant, car l’endroit déjoue les lois élémentaires du marketing: immeuble décrépi, salle minuscule, pistes de danse inexistantes. Pourtant, c’est là que les puristes du New Orleans Jazz 
accourent, depuis 1961. Une ambiance rétro mais tellement intimiste.

Les fruits de mer et crustacés font partie de la gastronomie de la Louisiane.

La cuisine

Le métissage d’une ville comme La 
Nouvelle-Orléans se reflète dans ses 
assiettes, avec des influences cajuns, créoles, africaines ou européennes. Le tout saupoudré de beaucoup d’épices. Ecrevisses, gombo, boudin blanc ou beignet, les spécialités ne manquent pas. Le Po-Boy est à tester: ce sandwich tient son nom de Poor Boys (pauvres garçons). Une référence aux employés du tram 
de La Nouvelle-Orléans qui avaient fait grève en 1929. Et pour qui les frères 
Martin, qui tenaient une gargote, avaient inventé ce sandwich consistant, énorme. Composé de bœuf, de poulet, de fruits 
de mer ou d’alligator, le tout noyé dans de la mayonnaise, il est parfois accompagné de frites. Autant dire qu’après ça, on ne bouge plus! 

Le bayou

On ne peut pas aller à La Nouvelle-Orléans sans faire un saut dans le bayou, ces marécages hostiles formés par les bras morts du Mississippi. De nombreuses excursions sont organisées 
(70 fr. environ). Il faut compter 1 heure de route pour approcher le bayou, que l’on parcourt en barque au milieu d’une végétation fantomatique, notamment des cyprès chauves, drapés de leur filet de mousse espagnole. Ratons laveurs et sangliers sont fréquents dans cet univers humide. Tout comme, à la surface de l’eau, les tortues. Et les «gators». Ceux que l’on retrouve parfois dans les Po-Boys…

Un train pour la Nouvelle-Orléans

Il est 22h30. Le train, parti la veille de New York, n’a que quatre heures de retard. Une bagatelle, sur la trentaine d’heures prévues. Mais le temps aura passé vite. Exception faite de ces quatre dernières heures, interminables. Et qui auront douché les espoirs du voyageur de savourer son arrivée à la Nouvelle-Orléans, dans le soleil couchant et le décor somptueux des bayous. La visite de cette ville, incarnation mythique du sud des Etats-Unis, n’en sera que plus trépidante au petit matin.

Rejoindre la Louisiane en train, depuis Big Apple, peut paraître délirant. D’autant que le trajet ne représente que 3 heures en avion. Mais quand on a le luxe du temps, ces plus de 2200 km par voies ferrées valent le détour: treize Etats traversés, en hors-d’œuvre d’une immersion dans la ville festive du jazz et de la cuisine cajun.

Penn Station n’est pas l’endroit rêvé pour un départ serein. La gare new-yorkaise est une fourmilière. Et il y a toujours l’inquiétude que le Crescent Train, le convoi qui effectue quotidiennement le trajet vers Big Easy (le nom donné à La Nouvelle-Orléans), ne soit annulé. « Des tempêtes violentes, des travaux sur la voie ou des incidents peuvent avoir une incidence sur le service. En raison de ces problèmes, nous devons parfois modifier les horaires ou annuler le service », avance Kimberly Woods, porte-parole d’Amtrak, la société qui exploite la ligne.

On peut voyager en siège standard. Mais pour près de 700 francs pour deux personnes, on a droit à une « roomette ». Un minuscule compartiment, avec deux sièges qui se rabattent pour en faire un lit. Et il y a un autre lit, superposé. Une fois installé, à l’abri du stress de Penn Station, il n’y a plus qu’à attendre le départ fixé à 14h15.

Il part à l’heure pile. On apercevra New York au loin, une fois le Crescent Train sorti de son tunnel, de l’autre côté de l’Hudson River. Il fera trente-trois haltes en route, dont Philadelphie, Baltimore, Washington, Atlanta,… Les paysages défilent, aux couleurs industrielles d’abord, plus sauvages par la suite. Première halte imprévue en Virginie. Des arbres sont tombés sur la voie… On prend son mal en patience. Et on salive à l’idée d’aller manger.

Le billet avec couchette donne droit aux repas, dans le wagon-restaurant. Et à la carte! On paie juste les boissons. Parce qu’on a l’esprit convivial chez Amtrak, on insiste pour que les gens se côtoient. C’est très sympa! Les Américains, s’ils peuvent paraître superficiels, sont très ouverts, curieux, drôles.

Ainsi, Ray Leader, aiguilleur du ciel à la retraite et ranger bénévole, venu à bord pour vanter les parcs nationaux du sud des Etats-Unis. Il insiste: si on va à la Nouvelle-Orléans, il ne faut absolument pas manquer les beignets du Café du Monde, une institution ouverte 24h/24. « On vous mettra en prison si vous n’y allez pas! »

Des conseils, Don Fry en dispense largement aussi. Cet ancien photographe de l’US Air Force, affecté en Irak il y a 20 ans lors de l’opération « Tempête du Désert », vit dans l’Alabama, où il descendra. Mais il en connaît un bras sur la Nouvelle-Orléans. Il a un petit air de l’acteur Tim Robbins, et ne cache pas son antipathie pour le président Donald Trump. Entre deux morceaux de steak, il lâche, titillé par le fait que nous soyons suisses: « Vous connaissez Fribourg?»…Don Fry a des origines suisses. Lointaines. «Cela remonte à 1602. Mes ancêtres ont fui des persécutions religieuses en Europe. Mais nous avons perdu le «e» de Frey dans notre fuite». Il sourit. Nous aussi. Il règne une certaine allégresse dans ce train, qui file dans la nuit noire. Franchement, le temps ne passe pas. Ou si peu.

Liens utiles

Amtrak: trajets, horaires, informations de bases, tickets

Nouvelle-Orléans, site de l’office du tourisme

Pratique

Comment y aller. En avion, avec généralement une escale. Depuis Genève, les prix oscillent autour des 1200 francs, voire plus. Mais on peut en trouver pour un peu plus de 800 francs et 15 heures de trajet.

Quand y aller. Au niveau météo, les périodes les plus agréables sont l’hiver et le printemps, jusqu’à mai. Eviter le pic des ouragans, de la mi-août à la fin septembre. Sinon, il faut savoir que près de 500 festivals sont organisés par année dans la Nouvelle Orléans. Donc aucun risque de mal tomber.

Où dormir. Les lieux ne manquent pas, et pour tous les budgets. booking.com fait très bien l’affaire pour trouver où se loger. Et évidemment, il y a votre agence de voyage qui se chargera toujours de vous concocter un voyage à la hauteur de vos désirs.

Un endroit sympa où passer la soirée. Le Spotted Cat Music Club, dans le Faubourg Marigny. Ambiance garantie dans un lieu qui fait office de bar et de lieu de concert.

Un bar. Le Lafitte's Blacksmith Shop Bar, sur la Bourbon Street, dans le French Quarter. Erigé en 1772, soit bien avant l’Indépendance, c’est le plus vieux bar en activité des Etats-Unis.

Jazz. Le Preservation Hall est le lieu des puristes du New Orleans Jazz. Les billets à bon prix nécessitent un peu de patience à l’entrée.

A voir. Sorti de nulle part, mais captivant: le musée de la seconde guerre mondiale. Il est considéré comme l’un des meilleurs des Etats-Unis. En dehors de la ville, il y a le bayou bien sûr, mais aussi des visites dans d’anciennes plantations. Elles s’organisent facilement depuis La Nouvelle-Orléans.