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Ça roule aussi sans les skis

Aller à la montagne sans pour autant faire du ski? Possible, sympa et de plus en plus courant. Les domaines skiables se plient en quatre pour diversifier leurs offres et trouver de nouveaux publics. Comme les fans de «fat bike».

27 janvier 2020
Yanis Berthoud s’élance, devant Thomas et Romain Pilloud, sous le regard de leur accompagnateur Julien Cave Tubéry.

Yanis Berthoud s’élance, devant Thomas et Romain Pilloud, sous le regard de leur accompagnateur Julien Cave Tubéry.

Le soleil se couche sur les Alpes valaisannes. Le bourdonnement de la télécabine s’est tu, le silence règne, si ce n’est les bruissements de l’après-ski, en bas. Les ombres s’étendent sur la piste de ski de Cry d’Er, à Crans-Montana (VS). Et soudain, filant telles des flèches, quatre vélos fendent l’air. On croirait entendre leurs freins crisser sur la neige, mais il n’en est rien. Les fat bikes, littéralement «gros vélos», sont conçus pour les pistes, avec leurs pneus surdimensionnés et leurs freins à disque. Le départ est donné dès que le dernier skieur est parti. Les stations de Zermatt et Villars – pour ne citer qu’elles – proposent aussi cette activité.

Romain et Thomas Pilloud (17 et 14 ans), avec leur ami Yanis Berthoud (10 ans), du club de vélo Cyclomaniacs-Veveyse, effectuent leur tout premier virage sur la neige, guidés par le moniteur Julien Cave Tubéry. Et patatra! Habitués du VTT et du vélo de route, ils se font surprendre au contact de la poudreuse, qu’ils n’ont jamais expérimentée sur leur engin. A leur décharge, l’activité est plus facile en version early bird tôt le matin, quand la neige sur les pistes est encore dure, plutôt qu’en soirée, après le passage de milliers de skieurs.

Le fat bike est l’une des nombreuses activités annexes proposées par Crans-Montana. A l’instar d’autres stations de ski, elle a dû se diversifier ces dernières années. «Il faut parler de station de montagne, pas de ski», corrige Christophe Clivaz, professeur à l’Institut de géographie et durabilité de l’Université de Lausanne et observateur du tourisme. Car l’histoire de ces villes de montagne a bel et bien commencé en été. Ce n’est que dans les années 1920 que les activités hivernales ont débuté. Depuis les années 1970, la saison d’hiver a dépassé celle d’été en termes de chiffres d’affaire. 

Le secret du «fat bike»: la roue avant doit rester dans l’axe pour freiner. Il faut aussi éviter les mouvements brusques.

Réchauffement climatique et désintérêt

Mais cette dominance est menacée par deux phénomènes: le réchauffement climatique et le désintérêt des jeunes pour le ski. Avenir Suisse a élaboré plusieurs scénarios, du déclin insidieux au retour en force du tourisme d’hiver. Le think tank imagine aussi un tourisme qui pourrait se passer de professionnels de la branche, grâce à l’économie de partage et d’infrastructures gratuites, comme les chemins de randonnée. Le comportement des visiteurs étrangers sera en outre déterminant.

«En basse et en moyenne montagne, la diversification devient plus que nécessaire, souligne de son côté Véronique Kanel, de Suisse Tourisme. La période d’enneigement a diminué depuis 1970. Si le tourisme d’hiver se porte bien, c’est aussi grâce à la diversité de l’offre.» En effet, le nombre de nuitées a augmenté de 6,3% entre les saisons 2014/2015 et 2018/2019 et la tendance devrait se confirmer cet hiver, et ce malgré le maigre enneigement. Elles sont générées pour moitié par des hôtes suisses, selon l’Office fédéral de la statistique.

Equipement requis: un costume de ski, un casque (ski ou vélo), des gants, de bonnes chaussures. On peut louer les «fat bikes» en station.

De la place pour de nouvelles offres

Que font les vacanciers en station? Ils skient, bien sûr, cela reste l’activité principale de 59% des gens interrogés. Derrière viennent la randonnée (33,2%), la natation (20,5%), la luge (16,2%) et le snowboard (12,5%). Chez les non sportifs, les excursions en remontées mécaniques sont plébiscitées, devant la gastronomie, le shopping, le farniente et les bains thermaux. Il y a donc de la place pour de nouvelles offres, pour tous les publics et tous les budgets (lire nos suggestions ci-dessous). «Pour les stations, il s’agit de capter les revenus annexes que perdent les remontées mécaniques, en offrant à chaque membre de la famille une activité qui lui convient, explique Christophe Clivaz. C’est une situation win-win. Cela fait venir des gens qui ne skient pas.» Et Véronique Kanel de préciser: «Les visiteurs veulent profiter au maximum de la montagne et réclament de nouvelles activités à tester.»

Mais à ce rythme la montagne ne risque-t-elle pas de se «disneylandiser»? «Peut-être, mais cela reste relativement authentique. L’imaginaire de la montagne idyllique demeure fort, souligne Christophe Clivaz. Les hôtes viennent pour le cadre particulier. De leur côté, les stations repensent leurs espaces publics afin de favoriser les rencontres et jouent sur les traditions locales.» 

Nos jeunes fat bikeurs ont pris de l’assurance. Ils osent effectuer des drifts (dérapages) et des sauts, prennent les sentiers qui longent la piste. Yanis, vainqueur du championnat romand de VTT dans sa catégorie d’âge, tente même un wheeling (lever la roue avant), qui lui vaudra de se retrouver étendu dans la neige. A l’arrivée, les gens s’étonnent, demandent des renseignements. Peut-être qu’ils oseront, à leur tour, s’élancer au guidon de l’un de ces engins.

Le tobogganing promet le grand frisson, sur une piste sécurisée.

Variations sur neige: pour les familles

Tous les goûts et les budgets
Les familles n’ont souvent plus les moyens ou la motivation de s’offrir une semaine de ski. Heureusement, les stations se plient en quatre pour rendre leur séjour agréable, ou même fun. Suisse Rando propose un réseau de 5150 kilomètres de randonnée sur neige (à pieds ou en raquettes) à travers tout le pays, qu’on reconnaît aux panneaux indicateurs roses. A la Vallée de Joux, un large réseau de sentiers pédestres est balisé. Plus loin le long de la crête du Jura, le SnowUp interjurassien, sponsorisé par Coop, se tiendra le 2 février. 

Si vous (ou vos enfants) avez la flemme de marcher, vous pouvez opter pour une balade en chiens de traîneau, dans les Franches-­Montagnes, chez Jura Escapades, aux Bois. Ces passionnés possèdent un élevage d’une quarantaine de huskies, dans un paysage digne de l’Alaska (quand la neige est au rendez-vous). Chaque parcours est inédit, le lieu de rendez-vous est tenu secret.

Pour les enfants et leurs courageux parents, Leysin a mis sur pied le tobogganing, une piste de luge qui ressemble à celle de bobsleigh, sauf qu’on s’installe sur une bouée gonflable. Les divers parcours proposés devraient faire l’affaire pour toute la famille (dès 4 ans).

Enfin, du côté de l’Albula, dans les Grisons, un chemin forestier se transforme en skateline, un parcours de 3 kilomètres entre Bad Alvaneu et Surava à réaliser en patins à glace.

Activités étonnantes: pour épicuriens 

Vous n’avez encore jamais testé
Le ski, c’est votre truc, mais à la télé? Vivez-le plutôt en vrai, en assistant à la descente dames le 22 et le combiné alpin le 23 février à Crans-Montana, ou en vous transformant en copilote de dameuse à Zermatt, Grächen ou Brunni-Alpthal.

Le ski, ce n’est vraiment pas votre truc et le sport en général vous laisse froid? Passez directement à l’after, dans le train après-ski qui circule entre Andermatt et Disentis, ou au repas, en dégustant une fondue dans une télécabine à Bruson notamment ou dans un igloo à Adelboden ou à Leysin

Si vous aimez les igloos, sachez qu’il est aussi possible d’y dormir (diverses stations), jouer (Wildhaus possède un château de glace pour les enfants) ou assister à un office religieux dans la chapelle de glace à Leysin, (par ailleurs retransmis en direct sur Espace 2, les 9 et 16 février à 9 h).

Les stations ont également pensé aux fans de rock. Pour cela, elles organisent des festivals de musique. Rendez-vous par exemple au festival Rock the Pistes aux Portes du Soleil du 15 au 21 mars, au Snowpenair à la Kleine Scheidegg les 4 et 5 avril (un sponsoring Coop), au Zermatt Unplugged du 14 au 18 avril, ou encore au Caprice Festival à Crans-Montana du 16 au 19 avril.

Enfin, si vous avez envie de prendre de la hauteur, pour admirer les majestueuses cimes enneigées, testez le parapente ou montez dans une montgolfière.

Le grand frisson: pour aventuriers

Il ne faut pas avoir le vertige
A la recherche d’adrénaline ou de sports insolites? L’escalade de glace, à Saas-Fee, donnera des frissons même aux plus courageux. A quelques mètres de là, vous pouvez aussi plonger dans le canyon enneigé en tyrolienne avant de poursuivre à pied dans les gorges de la Feevispa.

Si vous aimez le tir sportif, pourquoi ne pas essayer le biathlon à Evolène ou même le paintball à Crans-Montana?

Dans le registre de la glisse, mais sans les skis, rendez-vous dans les Grisons, pour une descente en airboard – un surf gonflable – à Davos, voire du bobsleigh à Saint-Moritz. Pour cette activité, vous serez flanqué d’un pilote et d’un freineur qui veilleront sur votre intégrité physique.

Passion luge: un evergreen alpin

Pas de vacances en montagne sans une journée consacrée à la luge. Les chemins, souvent expressément réservés à cette glisse, sont bien préparés et sécurisés pour les familles. Le matériel peut être loué au départ des pistes. N’oubliez pas de porter un casque de ski et de bons gants. 

Renseignements sur l’état des pistes directement auprès des stations.