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TOURISME
SORTIE HIVERNALE

Du canoë en hiver

Pourquoi attendre la belle saison pour naviguer sur les lacs suisses? L’hiver présente de nombreux avantages. Dans la série «j’ai testé pour vous», voici une sortie en canoë.

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Rainer Eder
20 janvier 2020

Ode au calme. En hiver, il n'y a quasiment pas de trafic sur le lac des Quatre-Cantons.

Dimanche matin. Les rues de Brunnen (SZ), une petite bourgade du bord du lac des Quatre-Cantons, sont désertes. J’ai rendez-vous avec Raphael Klinger, propriétaire de la société Adventure Point qui organise diverses activités en plein air depuis vingt ans. Son fils de 8 ans, Tim, est aussi de la partie, déjà prêt, en combi néoprène, avec gants, bonnet et écharpe. Il s’impatiente de monter à bord. Son père lui a transmis sa passion pour cette activité aquatique ouverte à tous. «On peut faire du canoë toute sa vie. C’est un joli sport, facile et accessible. Il suffit de savoir nager et de ne pas avoir peur de l’eau», explique-t-il en accueillant les autres participants.

Ces sorties guidées en canoë ou en kayak, en hiver, sont une nouveauté, proposée depuis cette année, chez Adventure Point. Tout le matériel est fourni pour cette activité d’environ deux heures. Le thermomètre tutoie les 0 °C. Mais il n’y a pas de vent aujour­d’hui, fait plutôt rare dans cette région qui connaît son lot d’intempéries, provoquées souvent par le fœhn. Dans ces cas-là, les sorties sur le lac sont annulées!

Eins, zwei, drei, vier…

On se met à plusieurs pour soulever le canoë et le mettre à l’eau. Assis, en répartissant les poids, on pagaie en rythme. C’est Raphael, installé tout derrière, qui donne le ton dans la langue de Goethe. «Eins, zwei, drei, vier…» Nous quittons le rivage. Le lac est profond. Noir. La brume se dissipe peu à peu et laisse apparaître quelques sommets enneigés. Les Mythen se dessinent comme par magie. «Fünf, sechs, sieben, acht…», on tutoie désormais d’immenses falaises. Nous passons sur des arbres, tombés dans le lac, pour s’approcher du rocher de Schiller (Schillerstein). Ce dernier est appelé ainsi depuis 1859, à l’occasion du 100e anniversaire de Friedrich Schiller qui présenta pour la première fois à Weimar le drame «Guillaume Tell», en 1804. «Il a rendu ce célèbre mythe symbolisant la Suisse alors que lui-même n’était jamais venu ici», ajoute Claudia Sommer­halder, une guide passionnée de cette belle région, également à bord de notre petite embarcation avec son mari Marc.

Vue sur le Grütli

«Neun, zehn, elf, zwölf…», on dépasse le rocher de Schiller et on aperçoit les prairies vertes du Grütli. Le soleil s’est frayé une place entre les nuages. Une atmosphère romantique règne sur ce paysage sauvage de Suisse centrale. Afin d’en profiter dignement, nous nous approchons de la rive, à l’abri du courant. C’est l’heure du thé. Une boisson fumante entre les mains, je fais plus ample connaissance avec les participants. Ils vivent tous dans la région et sont adeptes de sports en plein air. «L’été, les familles louent des canoës à la journée. Ils traversent le lac, s’arrêtent pour faire des grillades», ajoute Raphael. Il organise aussi des sorties en snorkeling près des falaises où il y a d’innombrables poissons.

Malgré un fond d’air glacial, le lac en hiver présente bien des atouts. Seuls quelques barques de pêcheurs et des bateaux, de et vers Lucerne, sont de sortie. A la belle saison, le trafic devient bien plus dense. L’eau est plus calme et plus transparente qu’en été. De quoi profiter d’une parenthèse presque méditative avant de retrouver le rythme accéléré de la terre ferme.

Infos pratiques

Prix pour une sortie accompagnée de 2h: 98 fr. par personne (matériel compris)

Age: les enfants de moins de 18 ans doivent être accompagnés d’un adulte.

Exigences: savoir nager

Dates des prochaines sorties: 2 et 16 février, 1er et 15 mars, de 13 à 15h

Lieu: Brunnen (Kanustation), SZ

Langue: aussi en français sur demande

Renseignements et réservations: www.adventurepoint.ch