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La jungle des protections menstruelles

En matière de protection durant les règles, de nombreuses options s’offrent aux femmes aujourd’hui. Tampons, serviettes, cup, culotte de règles: le point avec une gynécologue pour s’y retrouver.

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Heiner H. Schmitt
05 avril 2020
Dur, dur de faire son choix parmi les différents types de protections menstruelles sur le marché. Explorons leurs avantages et inconvénients! 

Dur, dur de faire son choix parmi les différents types de protections menstruelles sur le marché. Explorons leurs avantages et inconvénients! 

«On estime qu’une femme qui n’utilise que des tampons durant toute sa vie en consomme 11000. C’est énorme d’un point de vue écologique», s’exclame la Dr Marion Ombelli, gynécologue au Centre Nerys à Neuchâtel. Rendez-vous a été pris avec elle pour explorer les types de protections menstruelles existants.

S’ils sont pratiques à utiliser, les tampons ont un désavantage, relève la spécialiste (51 ans). «Parmi les femmes qui les utilisent durant toute la durée des règles, beaucoup ressentent des irritations. Un tiers de ce qu’absorbent les tampons sont des sécrétions vaginales, qui protègent la muqueuse: cela peut favoriser des infections.»

Elle recommande donc d’alterner les moyens de protection et d’observer la composition. «Le coton bio (naturel) est préférable à la viscose (synthétique), car les tampons perdent des fibres. S’ils contiennent des indésirables, ceux-ci sont en contact intime avec une muqueuse très absorbante.» De quoi rendre les options en coton bio et sans blanchiment au chlore intéressantes, également pour les serviettes. «Les protège-slips parfumés, cela peut irriter. Au cabinet, je conseille les produits Natracare (ndlr: marque disponible chez Coop), sans parfum et sans plastique, car celui-ci crée un effet de serre néfaste pour la flore des muqueuses», ajoute la Dr Ombelli.

Varier les protections lors des règles

L’idéal serait d’utiliser des tampons uniquement quand le flux est fort ou lors du sport. «En tant que gynécologue, je pense qu’on devrait laisser couler le sang quand c’est possible pour éviter les irritations. Ou alors substituer la cup aux tampons: elle ne pompe pas les sécrétions, et peut être utilisée quand le flux est faible. Pour la nuit, je recommande d’utiliser une serviette ou une culotte menstruelle.»

Ces slips en tissu sont renforcés d’une couche absorbante, comme une serviette intégrée (disponibles chez Coop). Une option confortable pour la nuit, les jours de flux léger ou comme garde-fou lorsqu’on débute avec la cup. Ils se rincent ensuite à l’eau froide et se lavent en machine, à la manière des serviettes en tissu réutilisables. Pour les porter durant toutes ses règles, il faut disposer d’un jeu de plusieurs culottes.

«J’observe une grande ouverture d’esprit parmi la jeune génération pour l’utilisation de la cup, qui s’est généralisée depuis quelques années. Cela a changé grâce aux témoignages sur Internet. Cela me rend fière que les femmes se réapproprient leurs règles», se réjouit la gynécologue. Rappelons que même avec la cup, un syndrome du choc toxique est possible, bien que celui-ci soit extrêmement rare. «Il touche 0,8 personne sur 100000 et est causé par une réaction massive du système immunitaire, parfois même hors des règles.»

Pour diminuer le risque et par hygiène, on change donc de tampon ou on vide la coupe menstruelle toutes les 4 à 8 heures. Après, il suffit de rincer la cup sous l’eau avant de la replacer. La stérilisation dans de l’eau bouillante n’est nécessaire qu’entre deux périodes de règles. «Exceptionnellement, vider la cup dans les toilettes et la remettre sans la rincer n’est pas un problème si on n’est pas chez soi. En revanche, il faut faire très attention à l’hygiène de ses mains, je conseille de les stériliser avec un gel avant toute manipulation.»

Chaque femme peut-elle utiliser la cup? «Cela dépend des préférences, il faut être à l’aise avec son corps pour la placer et l’enlever, et trouver le bon modèle, plus ou moins flexible.» Pour le choix de la taille, cela ne dépend pas du flux mais de l’anatomie. «Là où il faut être prudente, c’est si on porte un stérilet: il existe un risque de le déplacer», précise la gynécologue. Concernant sa durée de vie, elle conseille de la garder plusieurs années, tant qu’elle est intacte.

Certaines femmes vont même plus loin: elles se passent de protections et pratiquent la technique appelée flux instinctif libre. Il s’agit de contrôler son flux en contractant les muscles du périnée, et ensuite de l’évacuer aux toilettes. C’est possible avec des règles modérées, mais il faut s’entraîner.

«Les règles sont un sujet culturel très délicat, il y a beaucoup de préjugés et les femmes grandissent avec l’idée que c’est chiant. C’est dommage, elles utilisent un langage très violent», regrette la gynécologue. «Pourtant, c’est aussi ce qui nous permet de procréer!»

Protection pour les règles

  • Cup Selenacare, 28 fr. 50 dans certains magasins Coop et chez Coop City
  • Tampons bio Cosmea (normal, 16×), 2 fr. 95 chez Coop et Coop City
  • Culotte de règles Selenacare, 28 fr. 50 chez Coop City