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Pas si bêtes, ces gadgets!

Enfant ou adulte, on en raffole, on les collectionne... ou on les évite! La rédaction s’est amusée à inventer les gadgets manquant à son quotidien, et se penche sur l’histoire de ces objets.

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Bruno Muff
10 février 2020

Le fœhn-drone sans fil permet de ne plus avoir mal au bras et même de lire durant cette tâche fastidieuse. Ci-dessous, découvrez des gadgets sortis de l'imagination des journalistes de «Coopération».

Malins et surprenants, les gadgets promettent de nous faciliter la vie. L’enthousiasme lors de leur découverte laisse plus ou moins vite place à ce constat: «Bon, en fait, on pourrait très bien s’en passer!» Oui mais… la vie est souvent plus amusante avec. Leur réelle utilité, laissée à l’appréciation de chacun, varie aussi selon ses besoins personnels.

Le gadget qui révolutionne le quotidien de l’un, laissera un autre de marbre. Prenons en exemple l’épluche-pomme muni d’une manivelle. Voilà une invention originale, qui simplifie un geste fastidieux. Avec ce gadget, éplucher des pommes devient un jeu d’enfant… Mais l’effet de nouveauté passé, on se rend compte qu’avec un simple économe ça marchait finalement aussi bien. Sans compter que ça prenait moins de place dans le tiroir de la cuisine...

Des gants de snow­board qui permettraient de surveiller sa vitesse, les virages à venir et de repérer les rochers sous la neige.

La cuisine, l’univers de prédilection

Le spätzleur, le chauffe-plat électrique, la balance pliante, l’aspirateur de table: la cuisine semble être l’univers de prédilection des concepteurs de gadgets. A la salle de bains, la liste se poursuit: la baignoire à lumières LED relaxantes, le haut-parleur étanche pour mélomanes sous la douche, le porte-brosse à dents à ventouse à fixer sur les catelles… On pourrait en faire une chanson.

Mais que recouvre la catégorie des gadgets? Eric Alary (50 ans), professeur d’histoire sociale spécialisé dans les objets et auteur du livre Nos objets cultes (Ed. Larousse), tente une définition. «Le terme désigne un objet ingénieux, dont l’utilité à long terme ne se vérifie pas toujours. Nous avons une réaction émotionnelle face aux gadgets, ils sont liés à une notion de plaisir… et ont quelque chose de magique!» L’historien français garde toutefois des contours flous quand il faut les définir. «Les gadgets ont marqué mon enfance et celle des gens nés à la fin des années 1960.»

La lolette connectée avec GPS intégré: on la retrouve en quelques clics sur son smartphone pour vite consoler bébé.

Grincheux contre avant-gardistes

Certaines personnes voient d’un mauvais œil ces objets novateurs – parfois de crainte que, passé les premières utilisations, ceux-ci finissent par encombrer un tiroir. Ces profils sont plus résistants au changement. «On pourrait parler d’un clivage entre grincheux et modernes!», s’amuse le chercheur, avouant qu’il refuse d’acheter un smartphone, pour ne pas faire comme tout le monde, et que son natel de «l’âge de pierre» lui suffit. «Ce n’est pas une question de génération, précise-t-il. Mon père, 73 ans, s’est mis au smartphone, lui.»

D’autres individus adorent s’entourer de gadgets divers et variés, attirés par la nouveauté. L’étude Gadget lovers de l’Américain Gordon C. Bruner suggère que pour ces personnes, il ne s’agit pas simplement d’utiliser un objet pour réaliser quelque chose, ils considèrent également cet usage comme un jeu!

Ces profils sont souvent curieux de comprendre comment les gadgets fonctionnent et apprécient d’être les premiers à en posséder un. N’avez-vous pas dans votre entourage une personne qui a toujours le dernier gadget ingénieux à la mode en poche, et qui aime en faire la démonstration? Ces objets malins amusent la galerie et donnent parfois envie de les adopter.

Grâce à cette bulle gonflable insonorisée, on peut apprendre à jouer d'un instrument de musique au milieu du salon, sans déranger les autres membres de la famille ou les voisins.

Futiles hier, indispensables aujourd’hui

Mais avant de ricaner face à ces objets, il faut se rappeler que certains gadgets d’hier sont devenus des indispensables de notre quotidien. «Dans les années 1950, les appareils ménagers sont considérés comme des machines qui ne servent à rien, comme des gadgets. C’est le cas du toaster par exemple», relate Eric Alary. Il permet de griller du pain en un temps record, sans devoir allumer le four, mais nombreux sont ceux qui trouvent alors cet objet totalement inutile. Aujourd’hui, le toaster est présent dans presque toutes les cuisines.

La brosse à dents électrique – de nos jours courante dans les salles de bains – apparaît dans les années 1960 comme avant-gardiste aux yeux de certains et totalement superflue pour d’autres. Tout comme le rasoir électrique, le fœhn, ou plus récemment le GPS. Le walkman (1979), ancêtre du discman (1984) et de l’iPod (2001), lui-même supplanté depuis par le smartphone, a aussi été considéré comme un gadget avant de connaître le succès.

C’est la production industrielle d’objets qui a rendu possible l’apparition des gadgets. Souvent, au départ, ces objets sont chers et uniquement accessibles à certaines bourses. Puis, ils se démocratisent et ont alors une chance d’être largement adoptés. Certains gadgets parviennent même à devenir cultes: le Time Magazine a publié la liste des 50 gadgets les plus influents de notre époque, dans laquelle on retrouve l’iPhone, la calculatrice de poche, l’appareil photo Polaroid ou… le Segway (ou gyropode).

Cet aspirateur d'un nouveau genre est capable de trier d'un côté la poussière et, de l'autre, les Lego. Il suffit ensuite de les récupérer dans le compartiment.

Du côté du high-tech

Après les gadgets mécaniques et électroniques, nous nous trouvons à l’ère des objets connectés. Ces derniers interagissent avec le smartphone via Bluetooth, comme les écouteurs sans fil (earbuds) ou les enceintes nomades. Au poignet, certains arborent des montres connectées ou des bracelets monitorant l’activité physique, comme la fitbit.

Notre maison aussi a ses gadgets high-tech. Si on le désire, on peut investir dans une serrure intelligente pour déverrouiller sa porte d’un simple clic sur le smartphone ou une webcam pour surveiller son chien pendant son absence. Et si la télé en 3D n’a pas connu le succès escompté par les fabricants, les robots aspirateurs s’invitent, eux, dans de nombreux foyers.

Qu’inventera-t-on demain? A quoi ressembleront les gadgets? L’historien se tait. «Vous savez, moi j’observe le passé, pas le futur. Mais je crois qu’apparaîtront des objets connectés entre eux et virtuels. Et, parallèlement, un attrait pour le vintage et une tendance à la nostalgie qui ravivera notre intérêt pour les vieux gadgets!»

Des idées qui font tilt

Inventions suisses

Même si elles sont ingénieuses, certaines inventions ne sont pas (encore) commercialisées et restent inaccessibles au grand public, comme les patins à roulettes pliables de Livio Ronchetti, présentés au Salon des inventions de Genève ou le roboclette de Nicolas Fontaine, un bras articulé qui règle le problème de savoir qui racle la demi-meule!

 

Roi des gadgets

L’incontournable couteau suisse

Inventé en 1891, le couteau suisse, avec son festival de lames, est-il un gadget? «Pour les enfants, cela peut être un objet ludique, amusant, un peu gadget. Mais pour moi, c’est le couteau à tout faire, indispensable. Je l’ai toujours sur moi, il me le faut pour revisser une pièce sur mon vélo, pour randonner dans les Alpes», raconte l’historien des objets Eric Alary. Tout dépend donc du point de vue... et du modèle: le couteau suisse le plus polyvalent est le Wenger Giant. Il contient 87 lames et pèse plus d’un kilo!

Inventeurs de génie

5 spécialistes des gadgets

  • L’inspecteur Gadget (dessin animé)
  • L’agent Q dans «James Bond»
  • Lucius Fox dans «Batman»
  • MacGyver (série américaine)
  • Le professeur Tournesol dans «Tintin»