X

Recherches fréquentes

Atlantique
Croisière

Sur les traces de ma mère

En réalisant mon rêve de traverser l’Atlantique à bord du Queen Mary 2, j’ai aussi refait le voyage entrepris par ma mère, 72 ans auparavant. Récit d’une traversée au style 100% britannique, entre élégance hors pair et émotion. 

TEXTE
02 mars 2020

Une croisière transatlantique s’avère aujourd’hui un paisible voyage d’agrément. Le navire arrivera tranquillement à New York au bout de sept nuits. Longtemps, les passagers furent principalement des émigrants européens attirés par le rêve américain. Parmi eux, ma mère. Elle fit le voyage du Havre à New York en 1948, à 29 ans. Elle dut attendre de longs mois avant d’obtenir son visa. Une tante et un oncle vivaient déjà à San Francisco, en Californie. 

Partie d’Uri, Elsbeth Huber a traversé l’océan en 1948 pour aller à San Francisco.

Le regard tourné vers la mer

A bord, Maman lisait, regardait la mer et imaginait son avenir. On peut évidemment toujours le faire aujourd’hui, mais la compagnie du Queen Mary 2, Cunard, propose chaque jour plus de 90 activités pour combler ses clients! Ma mère avait voyagé sur une autre ligne maritime: une compagnie américaine avait construit le SS America pour concurrencer la déjà très prospère Cunard Line britannique. A l’époque, les paquebots étaient déjà bien équipés, avec piscine, pont de promenade et salle de bal. Ces navires ont connu leur heure de gloire jusqu’à la fin des années 1950. Puis les émigrants et les hommes d’affaires ont commencé à traverser l’Atlantique en avion. 

Impossible de ne pas danser

L’une des passagères, Gisela, Berlinoise de 60 ans, a effectué sa première croisière à l’âge de 30 ans. Ces voyages en mer sont devenus sa passion. Cette ex-enseignante repart deux à trois fois par an. «Lorsque tu attrapes le virus, tu ne peux plus rien faire pour lutter!», raconte-t-elle, à table lors du souper.

Richard (65 ans) et son compagnon sont également des habitués du célèbre paquebot. «Il danse tellement bien qu’il évite les mauvaises danseuses, le soir, au bal», admire Gisela, qui bénéficie de son pas engagé. Ainsi, elle n’a pas besoin de faire appel aux gentlemen dance hosts (des messieurs qui dansent avec les passagères voyageant seules).

Le deuxième soir, le commandant convie les passagers à un cocktail. Christopher Wells (63 ans), qui dirige le Queen Mary 2 depuis onze ans, présente les responsabilités et tâches de son équipe. Près de 1300 membres d’équipage veillent au bien-être de presque 2600 passagers. Sur cette traversée, les clients sont de 35 nationalités différentes: plus de la moitié sont Anglais, puis viennent ensuite les Américains et les Canadiens. Français, Allemands et Belges ont chacun un peu moins d’une centaine de représentants. 

Dans les coulisses

Opika Rai (31 ans), la secrétaire népalaise du commandant, gère tous les événements importants à bord du Queen Mary 2. «Pendant cette croisière, nous aurons un mariage», révèle-t-elle en décrivant le déroulement de la fête et en précisant que le commandant dirigera la cérémonie. A l’instar de l’ensemble de l’équipage, elle travaille dix bonnes heures par jour, sept jours par semaine. Elle reste en mer de quatre à cinq mois puis profite ensuite de huit semaines de repos.

Il est en outre possible de découvrir les coulisses du navire avec la visite Behind the Scenes Tour (pour la somme de 120 dollars), qui donne un aperçu des nombreux métiers à bord, des gigantesques cuisines rutilantes, du pont où sont posées les ancres et, bien sûr, du royaume du commandant… La salle de contrôle des machines est particulièrement intéressante.

Sur le Queen Mary 2, la protection de l’environnement revêt aussi une importance croissante. On évite autant que possible les emballages plastique, et les restes des repas sont transformés en granules pour les animaux marins.

La porte du Nouveau-Monde

Aussi drôles que puissent être les rencontres et fabuleux les repas et les programmes, le plus grandiose de cette croisière est l’arrivée à New York. Je ne m’étais jamais sentie aussi proche de ma mère qu’en ce petit matin du septième jour, alors que je regardais les premières lumières de la ville apparaître à l’horizon. Je m’imaginais ce qu’elle avait pu ressentir à la vue de la première bande de terre américaine. Contrairement à moi aujourd’hui, elle ne put débarquer directement au port. De 1890 à 1954, des millions d’immigrants durent en effet faire escale sur Ellis Island pour y passer les contrôles d’admission. L’entrée sur le sol américain fut refusée à des dizaines de milliers d’entre eux. Pourtant c’est ici, sur Ellis Island, que commença le rêve américain des ancêtres de plus d’un tiers des «Yankees» d’aujourd’hui. Maman fut autorisée à se rendre à New York. Après quatre ans et demi merveilleux à San Francisco, elle revint en Suisse.

L’agence de voyages Cruisetour a invité la rédactrice sur cette croisière et à New York. Vous trouverez des conseils de visite de la ville sur notre article.

 


Afternoon tea et gala

Le paquebot le plus raffiné

Le Queen Mary 2 mesure 345 m de long et 70 m de haut. Il possède cinq spas, quatre piscines, un cinéma et un théâtre. L’afternoon tea est servi dans la salle de bal. Durant la journée, vous pouvez vous vêtir librement, mais dès 18 heures, le dress code exige une tenue élégante pour les trois repas de gala (une robe de soirée ou un smoking). L’agence de voyages Cruisetour propose la traversée de l’Atlantique à bord du Queen Mary 2 du 2 au 13 octobre 2020, en cabine intérieure ou extérieure, avec ou sans balcon, ainsi qu’en suite. 

www.cruisetour.ch/transatlantique

 

Retour aux idées de voyages