Chasse au trésor dans la vallée de Binn | Coopération
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TOURISME
VALLéE DE BINN

Chasse au trésor dans la vallée de Binn

Connue à l’international pour sa riche minéralogie, la vallée de Binn (VS) attire de nombreux cristalliers. Des sorties guidées sont organisées pour les amateurs et les familles.

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Sedrik Nemeth
04 octobre 2021
La vallée de Binn et sa géologie particulière. Ici, un pierrier constitué de dolomie d'une blancheur surprenante.

La vallée de Binn et sa géologie particulière. Ici, un pierrier constitué de dolomie d'une blancheur surprenante.

«Il y a deux types de cristalliers. Ceux qui cherchent. Et ceux qui trouvent», lance en rigolant Rolf Gruber dans le taxi qui s’enfonce dans la vallée de Binn (Binntal en allemand), région labellisée «Parc naturel régional d’importance nationale» depuis 2011. S’il ose la blague, c’est parce qu’il sait, au fond, que rien n’est jamais garanti. Que la montagne décide seule de ce qu’elle cède ou non à ceux qui creusent dans son antre.

Rolf Gruber est plutôt confiant le jour de notre visite, car il évolue en terrain connu. Pour la deuxième année consécutive, il se rend sur l’une de ses fissures accompagné d’une famille de passionnés. L’automne dernier, les deux garçons, Lukas (12 ans) et Finn (10 ans), et leur maman Annegret avaient débuté l’exploration de ce four avec Rolf, sans en dégager de pépites. Cette année, ils espèrent dénicher une pointe de quartz aux faces nettes et aux lignes pures. Suspense...

A l'aise avec les outils, Finn (10 ans) explore un four à cristaux.

Comment éviter la «touristite»

Le taxi nous dépose sur un alpage à 2300 m d’altitude. Réservé par Rolf, le véhicule nous fait gagner 5 heures de marche depuis Binn que l’on peut atteindre en transports en commun. Pour atteindre la fissure, il faut encore gravir quelque 300 m, chargés du matériel indispensable à la recherche de cristaux. Marteaux, barres à mine et tiges de fer trouvent leur place dans les sacs des uns et des autres. En route, Rolf nous rappelle, non sans humour, les différents types de cristaux. «Il y a la jettite, la touristite et la cristallite. Seule cette dernière nous intéresse.» Inutile donc de s’attarder sur chaque caillou brillant au bord du chemin. Il sera immédiatement taxé de «touristite» par notre expert.

Annegret et Rolf passent les gravats au peigne fin.

Repérer les failles dans la roche

Après une heure de marche, nous arrivons au four à cristaux «réservé» par Rolf. L’automne passé au moment de quitter les lieux, il avait grossièrement rebouché le trou et y avait glissé sa carte. La concurrence est rude chez les cristalliers et il n’est pas question que cette fissure soit explorée par d’autres mains.

A l’aide d’une barre à mine et d’une pelle, il poursuit le dégagement de la ligne de quartz qui coupe perpendiculairement le schiste environnant. «Pour qu’un cristal se forme, il a besoin d’espace. Il faut donc repérer les failles dans la roche», nous explique-t-il en creusant attentivement. Car l’exercice est un jeu d’équilibriste. Il s’agit en effet de libérer la veine de quartz sans casser les éventuelles pointes qui s’y seraient formées à la surface, il y a des dizaines de millions d’années.

Les morceaux de quartz extraits de la fissure donnent de bons indices. Il faut continuer à chercher.

Derrière lui, Annegret analyse les gravats sortis par Rolf. On y trouve des morceaux de cristaux, soigneusement mis de côté. «Ce sont des indices qui nous montrent que la qualité du cristal est pure dans cette veine», avance Rolf.Un peu plus loin, les deux enfants explorent d’autres fissures. «J’adore fouiller la montagne. C’est comme à Noël, on ne sait jamais ce que l’on va trouver et quelle sera la surprise», lance Finn en maniant habilement une petite tige de fer. Son grand frère Lukas vibre pour les cristaux depuis qu’il sait marcher. «Regarde, ici il y a du rutile emprisonné dans le quartz. Et celui-là contient de la malachite…»

Les heures passent et le cristal parfait, tant espéré, reste caché. «La veine est profonde. Je sais qu’elle contient de belles pépites, mais ça ne sera pas pour aujourd’hui», conclut Rolf. Les chercheurs, couverts de poussière, relèvent le nez de la fissure, sans afficher leur déception. «Ce qui me plaît le plus est l’exploration de ces failles qui plongent dans la terre. Sentir le quartz sous mes mains, c’est très énergisant», détaille Annegret. Pendant ce temps, Lukas emballe avec précaution les morceaux de cristaux mis de côté. «Autant de pierres qui enrichiront sa collection, déjà bien fournie», sourit sa maman.


S’initier à la recherche de cristaux en famille

Une attraction touristique

Si autrefois les cristaux généraient d’importants revenus pour les familles du Binntal, ils sont aujourd’hui une attraction touristique importante. La mine de Lengenbach, réputée dans le monde entier, peut être explorée en famille.

A Fäld, le musée de minéraux et le restaurant Imfeld louent des marteaux et des burins pour permettre aux enfants de battre la pierre et de dénicher de la pyrite ou d’autres minéraux typiques de la vallée de Binn.

Le chemin reliant Fäld à la mine est ponctué de onze stations présentant les roches de la vallée. Ludiques et adaptés aux enfants, ces postes permettent d’écouter la pierre, d’admirer des roches à la loupe ou encore de jouer des mélodies sur le lithophone.

Ces activités peuvent se pratiquer jusqu’à mi-octobre, en fonction de la météo. Toutes les infos se trouvent sur le site du Parc naturel régional de la vallée de Binn: www.landschaftspark-binntal.ch