Des fourmis dans les jambes | Coopération
X

Recherches fréquentes

Portrait
Olivier Racine

Des fourmis dans les jambes

Le voyageur Olivier Racine a publié ses mémoires, «A l’aventure», où il raconte quatre ans de vie nomade dans le monde entier, et ses incessantes rencontres avec des inconnus ou des stars.

PHOTO
Patrick Gilliéron Lopreno
20 janvier 2021
Toujours en quête d'adrénaline, l'écrivain  et aventurier Olivier Racine consacre son argent aux voyages.

Toujours en quête d'adrénaline, l'écrivain et aventurier Olivier Racine consacre son argent aux voyages.

Un livre en quatre tomes, parce qu’un seul ne suffisait pas à cet homme excessif de son aveu, toujours en quête de mouvement, d’aventures, d’adrénaline et de combines. Ce récit commence dans sa jeunesse avec son travail à l’hôpital de Lausanne, où de «tire-lits» il devient responsable à la gestion du programme opératoire, et améliore son salaire grâce à des achats et ventes de tous genres.

Puis Olivier Racine est convoqué à l’école d’officiers, s’en fait renvoyer parce qu’il menace un supérieur de sa baïonnette, une broutille. «J’ai souvent eu des problèmes avec ma hiérarchie, parce que j’ai de la peine à me réfréner.»

Amateur de sensations fortes

Né dans le Jura bernois en 1962, il a habité Epalinges (VD) avec ses parents, où son souvenir le plus fort est d’avoir descendu, puis gravi tout seul, le chemin qui menait au cimetière, au point qu’il s’y est déjà acheté une concession. Jeune adulte, amateur de sensations fortes, il s’adonne au parachutisme, jusqu’à ce que, témoin de plusieurs accidents, sensible aux signes de l’univers, il s’arrête.

Puis il commence un séjour en Thaïlande, et des fourmis dans les jambes, découvre l’Asie, l’Europe et les Etats-Unis. Rarement à l’hôtel, souvent chez des amis, il mène une vie vagabonde faite de découvertes insolites. Il rencontre Simone la Suédoise en Thaïlande, et rentre chez lui en 1992, après quatre ans d’expériences diverses, notamment un passage dans un kibboutz en Israël ou un safari au Kenya.

Aujourd’hui, il vit à Ouchy avec son ex-compagne amatrice de chats, parcourt régulièrement le Chemin du renard, quatre heures de marche aller-retour, au bord de la Vuachère. Olivier Racine n’a jamais cessé de voyager. Il y a deux ans, il s’est encore fait inviter par l’un des fils de Marlon Brando à Tetiaroa, au nord de Tahiti. Seul le Covid a eu temporairement raison de son intranquillité. Pour l’avenir, il projette un voyage en Antarctique en 2022, «une première mondiale, dans le premier brise-glace électrique à hydrogène». Il juge ce projet égoïste, mais assume ce trajet. L’arrêt provisoire de son activité préférée n’entame pas son élan. «Je continue de voyager dans ma tête, par l’écriture. Je suis en train d’écrire. J’ai fait le tour du monde avec mon frigo, en référence aux cartes postales qu’on aimante à nos frigos.»

Minimaliste avant l’heure, même s’il récuse ce terme, Olivier Racine vit de peu, possède un vélo qui a 40 ans, et consacre son argent aux voyages. Très prolixe, il étonne quand il annonce qu’il a fait un stage de méditation en silence pendant douze jours.

Quand on aborde «son côté narcissique» et «son côté parano» mentionnés par un des nombreux préfaciers de son long récit, il commente par sa réponse déjà donnée, sa propre préface à son dernier tome: «Narcissique? Ne dit-on pas, docteur, qu’il faut d’abord apprendre à s’aimer soi-même avant d’aimer les autres? C’est mon avocat qui me l’a dit et m’a dit de vous le dire!» Et l’aventurier ajoute: «Ma parano m’a souvent sauvé la vie.» 

Mini-questionnaire

Votre mot préféré?

Fox. J’appelle les gens comme ça. C’est une déformation du mot anglais folks.

Votre plat préféré?

Rôti du dimanche avec purée de ma maman

Dernier livre lu?

«Massoud l’Afghan» de Christophe de Ponfilly

Votre plus vilain défaut?

L’excès

Si vous étiez un animal?

Le guépard, c’est un chat de luxe

Ce qui vous irrite le plus?

La bêtise humaine

Votre remède quand ça va mal?

Le voyage, si possible, sinon la marche

A quelle heure vous levez-vous?

A 6 ou 7 heures. Je suis capable de me réveiller à 3 heures, parfois.

Votre bruit préféré?

Le bruit d’une rivière, ou à l’opposé, d’une course de Formule 1

Le plus bel endroit en Suisse?

Les Grisons, c’est sûr