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Mieux vivre avec sa cellulite

Source de complexes, la cellulite ne se laisse pas facilement dompter. Des techniques permettent de la diminuer. Or la première étape, c’est peut-être… de l’accepter.

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AFP
01 juillet 2021
Au moment de profiter  de la plage, beaucoup  de femmes sont complexées par leur cellulite. Or l?exercice physique ne suffit pas pour en venir à bout.

Au moment de profiter de la plage, beaucoup de femmes sont complexées par leur cellulite. Or l?exercice physique ne suffit pas pour en venir à bout.

Peau d’orange, capitons, malgré ces petits noms, la cellulite reste un phénomène que bien des femmes détestent! Alors que les jambes se dévoilent, des complexes peuvent ressurgir, avec parfois un fort impact sur le moral. C’est une injustice hormonale: ces amas graisseux qui donnent un aspect bosselé à la peau ne touchent que très rarement les hommes!

La cellulite est liée à une modification du tissu adipeux, sur certaines zones du corps. Ses zones de prédilection? L’arrière des cuisses, les fesses, le ventre, ou le haut des bras. Difficile à cerner, elle a diverses causes et touche aussi les personnes sans surcharge pondérale.

Avant de vouloir à tout prix la gommer, la faire disparaître, l’éradiquer, il faut… dédramatiser. «La cellulite n’est pas un problème de santé, on peut vivre avec! Si on a un indice de masse corporelle dans la norme, il n’y a pas de quoi s’inquiéter», note la Dr Magali Dumont, médecin dermatologue au centre spécialisé en dermatologie et médecine esthétique «Evolys» à Villars-sur-Glâne. «C’est avant tout un souci esthétique, mis sur le devant de la scène par les magazines féminins.»

Dompter ses complexes

Si les hormones sont l’une des causes majeures, le phénomène est aggravé par des troubles de la circulation sanguine ou lymphatique. La rétention d’eau peut accentuer cet effet jugé disgracieux sur la peau, et engendrer une sensation de jambes lourdes et de gonflements. Certaines formes de cellulite peuvent être améliorées grâce à l’alimentation et l’exercice physique. Mais ce n’est pas le cas de tous les types! Et nos gènes entrent également en jeu.

Ce problème qui toucherait 80% des femmes est universel, Sandra Pérez Chitra, conseillère en image chez Poll & Mera, dans le canton de Fribourg, le sait bien. Des complexes qui gâchent parfois l’été et retiennent même certaines d’oser se mettre en maillot de bain. «C’est triste de s’empêcher de vivre parce qu’une partie de notre corps nous plaît moins», regrette-t-elle. Selon elle, il faut réaliser que la majorité des gens… se fichent complètement de notre cellulite. «Je ne m’empêche pas de courir sur la plage avec mes enfants, même si je suis complexée par la mienne», confie-t-elle.

Se comparer à la réalité

Accepter, et relativiser, c’est le conseil de bon sens de cette pro de l’image. «Comme l’hérédité entre en jeu, on n’y peut pas grand-chose. Et il faut arrêter de se comparer à des modèles irréalistes et retouchés. Si on veut vraiment se comparer à d’autres femmes, il faut en regarder dans la vraie vie!» D’ailleurs, sur la plage ou dans la rue, on croise parfois cette femme «courageuse» qui assume sa cellulite et n’a pas peur de la dévoiler. Une vision qui fait du bien selon Sandra Pérez Chitra. «On se dit qu’elle a du courage d’oser se montrer: peut-être faut-il soi-même endosser ce rôle-là parfois pour en motiver d’autres!»

La conseillère en image a bon espoir que si tout le monde gagne cette assurance, la cellulite serait considérée normale et banale. De quoi diminuer la pression qui pèse sur l’image des femmes.

Elle met aussi en garde: des solutions contre la cellulite aux promesses exagérées peuvent s’avérer très onéreuses, sans garantie de résultat. «Chacune est libre de tester, mais il faut garder son bon sens. Parfois, mieux vaut se réconcilier avec sa cellulite», estime-t-elle. Très commune, celle-ci est souvent moins remarquée que ce qu’on imagine en scrutant son corps devant le miroir.

Or dédramatiser et s’accepter telle que l’on est, c’est plus facile à dire qu’à faire! Même légère, la cellulite peut peser sur la confiance en soi et le moral. Mais attention, si sa présence est accompagnée d’une sensation de gêne voire de douleurs physiques, il faut s’interroger sur la présence d’une pathologie plus grave (lire l’encadré en page 87).

Comment agir en douceur chez soi

Si l’on souhaite se débarrasser de ses capitons, mieux vaut s’armer de patience et d’une volonté de fer. Le mieux est de combiner différentes techniques chez soi, et de commencer par l’hygiène de vie, comme de boire suffisamment et de marcher le plus souvent possible pour améliorer la circulation. Veiller à son alimentation (moins de sucre et de sel) et faire de l’exercice (au moins deux fois par semaine) permet, entre autres bienfaits, de lisser les tissus atteints de cellulite et de diminuer de volume les amas graisseux.

Ensuite, une piste est de se lancer dans des massages des zones incriminées à la maison, en utilisant une crème anticellulite. Ces soins contiennent des actifs comme la caféine. L’efficacité de ces crèmes pour déloger les capitons n’a pas été prouvée par des études indépendantes, mais certaines femmes voient une amélioration grâce à ce geste. Pour que ça marche, il faut en appliquer tous les jours pendant une certaine période.

Certains spécialistes estiment que le massage aurait plus d’effet que la crème elle-même. Or ce drainage n’est réellement efficace que contre la cellulite… de type aqueuse. Cela explique pourquoi certaines utilisatrices ont des résultats enthousiasmants, et d’autres ne voient pas de différence.

Des solutions au cas par cas

«Pour les femmes qui souffrent de leur cellulite, c’est une bonne idée de faire un diagnostic auprès d’un professionnel de santé, pour savoir par quel(s) type(s) elles sont concernées,» recommande la dermatologue Magali Dumont. «Il n’y a pas de solution universelle, selon le type de cellulite, elle est traitée différemment», explique-t-elle.

Il en existe trois: la cellulite graisseuse, aqueuse (rétention d’eau) et fibreuse. Pour chacune, la prise en charge est différente et combine diverses méthodes. «Il ne faut pas avoir des attentes irréalistes, avec des soins à la maison comme en institut, il n’y a pas de solution miracle. Les résultats sont de satisfaisants à bons, mais jamais définitifs», met en garde la spécialiste.

Du temps et de l’argent

Si la cellulite est une source de souffrance et qu’on veut agir auprès d’un professionnel, il faudra y consacrer du temps… et de l’argent. «Il faut savoir que c’est un combat de longue haleine, et qui implique de travailler aussi sur son hygiène de vie», insiste la dermatologue.

Elle estime le budget nécessaire pour une série de séances en institut d’esthéticienne entre 500 et 1500 francs. Chez un médecin, il faudra compter de 1000 à 3000 francs, avec d’autres techniques utilisées. Alors, prête à se battre contre les capitons? Modifier son hygiène de vie est un bon départ. Or le combat contre la cellulite doit sans doute être mené en même temps qu’un autre: celui contre des idéaux inaccessibles!

Le lipœdème, à ne pas confondre avec la cellulite

Sous-diagnostiqué, car souvent méconnu des médecins eux-mêmes, le lipœdème (parfois surnommé «maladie des grosses jambes») est synonyme de souffrance. Cette maladie chronique affecte aussi des personnes très minces, et peut être confondue avec une cellulite importante. Or elle doit être traitée de manière spécifique.

Elle provoque une augmentation disproportionnée du volume des jambes ou des bras. Ses causes ne sont pas encore connues, mais elle peut avoir un impact sur la circulation lymphatique. Des signes qui mettent la puce à l’oreille sont des douleurs chroniques. «Cette maladie reste malheureusement souvent confondue avec d’autres pathologies», relève le Dr Giacomo Buso, du service d’angiologie du CHUV. Il veut mieux faire connaître cette maladie.

«Contrairement à ce qu’on croit, elle n’a pas juste un impact esthétique. Ses symptômes sont invalidants, comme une propension aux hématomes, des douleurs ainsi qu’une fatigue et des lourdeurs aux jambes, qui ne sont pas soulagées par une élévation de celles-ci.» Dans ces cas, la répartition anormale des graisses n’est pas beaucoup améliorée par l’exercice physique ou les régimes, portant souvent aussi un coup au moral.

Le vrai défi de l?été: changer son regard sur la cellulite, et être plus bienveillante envers son corps.

Témoignage

Sandra Pérez Chitra raconte souffrir de cette pathologie. «En taille, je fais un 36, mais j’ai toujours eu beaucoup de cellulite et le haut du corps plus fin que le bas. J’ai appris il y a un an que je souffrais du lipœdème. Je suis soulagée de le savoir: avant, j’avais l’impression de ne pas avoir le contrôle sur mon corps. J’ai facilement des hématomes, des douleurs ou les jambes lourdes. Je fais du sport et attention à mon alimentation pour tenter de diminuer ma cellulite, et éviter que cela n’empire. Or cela ne suffit pas. Le traitement consiste en des massages et drainages lymphatiques, qui me soulagent. La natation peut aider aussi. J’ai ça depuis toujours en fait, sans en être consciente. Je fais attention à avoir une bonne hygiène de vie pour éviter que cela n’empire, mais sans en faire une obsession. Même si je reste complexée, je vis avec.»