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On ne va pas se laisser hâler!

S’étendre sur son linge de plage, hâler, dorer sa peau… mais sans la griller. L’été rime avec l’art subtil du bronzage.

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stocksy | imago | dr
04 juillet 2021
L’été, il est important de se protéger des rayons avec une crème solaire et un chapeau. Il est aussi déconseillé de s’exposer entre 11 et 15 heures.

L’été, il est important de se protéger des rayons avec une crème solaire et un chapeau. Il est aussi déconseillé de s’exposer entre 11 et 15 heures.

Quand on se plonge dans l’histoire du bronzage, ce qui est drôle, c’est combien les canons de beauté ont changé en un siècle. Jusqu’au début des années 1930, les ombrelles et chapeaux sont de toutes les sorties de ces dames, et des prépa­rations blanchissantes préservent leur peau du brunissement. Le teint pâle est à l’époque un signe d’élite, associé à la pudeur.

Puis, avec les débuts des loisirs à la plage, on commence à exposer sa peau – aux regards et aux rayons. Centimètre par centimètre, les maillots se font de plus en plus petits à mesure que les corps se libèrent. L’engouement pour les activités sportives en extérieur va populariser le teint hâlé, devenu un symbole social. Des médecins vantent même les bienfaits de «l’héliothérapie», soit le bain de soleil. Ses risques ne sont pas encore connus.

La première protection solaire

C’est en 1936 que l’industriel Eugène Schueller, qui a tendance à tourner écrevisse lors de ses sorties en bateau, fait mettre au point par ses chimistes la fameuse protection «Ambre solaire». Ce produit est un immense succès pour le fondateur de L’Oréal! S’il est toujours commercialisé de nos jours, sa formule a beaucoup évolué. Au départ, les crèmes solaires ne protégeaient en effet que des brûlures. Il faut attendre la fin des années 1950 pour qu’elles bloquent aussi les rayons ultraviolets (UVA et UVB), nocifs pour la peau mais indolores.

Dans les années 1970, les baigneurs n’ont même plus la patience d’attendre que leur peau vire au caramel. On veut brunir plus vite: pour cela, certains se tartinent de… graisse à traire, qui accélère le bronzage grâce à un effet loupe. Puis, pour éviter à tout prix les démarcations, jugées inesthétiques, les années 1980 voient arriver la mode du topless, avec le fameux monokini, ou du string.

Fin de l’insouciance

Cet étalage maximal de peau peut faire sourire aujourd’hui. Si on laisse le soleil caresser son corps, la prudence dicte de garder tube de crème, casquette et parasol à portée de main. Voire un t-shirt aux propriétés anti-UV plaqué sur les épaules, pour les peaux les plus claires et sensibles. Qui font encore souvent face à des remarques désobligeantes sur leur inaptitude à hâler!

C’est culturel, et dans certains pays d’Asie, les femmes évitent au contraire à tout prix de brunir. Chez nous, le bronzage semble toujours désiré, bien que les effets néfastes du soleil, tels que les risques de cancer de la peau et le vieillissement prématuré de l’épiderme, soient bien connus depuis les années 1980.

Les cas de mélanomes ont même fortement augmenté depuis les années 1990 en Suisse. Selon une statistique de 2018, notre pays arrive à la 6e place des pays européens les plus touchés par ce cancer. Les cabines de bronzage (solariums) sont également montrées du doigt. La pratique est aujourd’hui classée comme cancérigène par l’OMS, et interdite dans certains pays (mais pas en Suisse).

Pour se protéger, il est recommandé d’adapter son exposition selon son type de peau et de rester à l’ombre lorsque les rayons sont les plus féroces, soit entre 11 et 15 heures en été.

Après des décennies d’insouciance, la protection face au soleil est devenue une question de santé publique. Mais aussi écologique! Car les résidus de crème solaire laissés par les baigneurs sont considérés comme une plaie pour les milieux aquatiques.

Des études attribuent à certains ingrédients le blanchiment des coraux et le dérèglement des systèmes hormonaux des poissons, y compris dans nos lacs et cours d’eau. Certaines crèmes solaires sont formulées pour minimiser cet impact, comme la «Waterlover» de Biotherm. Alors, cet été, bronzera, ou bronzera pas?

 

Teint d'été

Poudre Coconut Bronze, 3 teintes, 24 fr. 95, chez The Body Shop

C’est triché!

Pour avoir un teint bronzé sans s’exposer, il reste toujours l’option de tricher! Une astuce maquillage est d’utiliser un «bronzer», une poudre compacte donnant des accents hâlés. Aussi appelée poudre soleil, on l’applique subtilement avec un gros pinceau sur des points clés du visage: ceux qui bronzeraient naturellement. Il faut prendre garde de bien estomper pour rester subtil. Le bon conseil: choisir un bronzer adapté à sa couleur de peau (pas trop foncé), et éviter les poudres trop orangées si on a le teint clair. Certaines aficionadas en glissent même sur leur décolleté !

Trois gouttes dans sa crème

Self tan addition concentré éclat de Clarins, 32 fr. 90 chez Import Parfumerie

L’astuce des crèmes autobronzantes est de colorer les cellules mortes à la surface de la peau. Celles-ci s’en détacheront bientôt: c’est pourquoi l’autobronzant a une durée limitée. Mais il a le mérite de donner un joli hâle en restant plus inoffensif que des séances de bronzage. Si vous en appliquez sur vos jambes, attention de bien se laver les mains après pour éviter les traces disgracieuses. Et d’éviter les gommages ensuite, au risque de faire disparaître plus vite ce bronzage artificiel.