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Raquettes à neige

Un hiver en raquettes

Quelle activité dans la neige, pour tous les âges et tous les niveaux et ne nécessitant aucune formation, connaît un essor spectaculaire cette année? La balade en raquettes! Nos conseils pour se lancer.

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David Marchon; Roman Tyulyakov; La Gruyère Tourisme; DR
08 février 2021

Les arolles couverts d’un épais manteau blanc s’élèvent vers un ciel qui attend impatiemment les premiers rayons de soleil pour dévoiler fièrement son bleu électrique. Ces derniers, timidement cachés derrière des sommets tout autour attendent 10 heures pour réchauffer l’atmosphère glacée. Ma sœur Milica et moi avons choisi le pittoresque village valaisan d’Arolla, dans le val d’Hérens, pour nous initier à la randonnée en raquettes. Comme nombre de personnes cette année, nous avons opté pour cette activité douce, en plein air, pour passer du temps ensemble, en s’aérant la tête et l’esprit. Si la randonnée permet de maintenir les distances physiques et ainsi limiter le risque de contamination, la montagne, quant à elle, implique toujours une prudence de taille. «La préparation est essentielle avant de faire une randonnée en altitude, explique notre accompagnateur en montagne, le Vaudois Pierre Burnier (63 ans), installé depuis trente ans à La Forclaz (VS). On ne devrait pas se décider à la dernière minute comme cela se fait très souvent.»

La montagne imprévisible

Ce jour-là, c’est lui qui a fait le travail de préparation à notre place, à savoir s’informer sur le risque d’avalanche, les zones à éviter, situées souvent hors des sentiers battus, «mais pas que!», les heures d’ensoleillement et l’apprentissage du chemin à suivre. Par endroits, les abondantes chutes de neige, fraîchement tombée la veille, rendent le chemin de randonnée totalement invisible. Seuls les poteaux coiffés de leurs flèches roses indiquent son existence.

Notre guide passe en éclaireur. Il avance avec peine, créant un couloir de poudreuse. Ma sœur et moi le suivons avec plus d’aisance, car il a bien déblayé le terrain. Quel bonheur de faire corps avec ce paysage hivernal, feutré, où seuls le chant des oiseaux et le chuchotement des branches des pins, se délestant de leur manteau trop volumineux, brisent le silence méditatif. Sans raquettes et bâtons, cette boucle de deux heures autour d’Arolla, à quelque 2100 mètres d’altitude, n’aurait pas été possible.

Les gagnants de la pandémie

La marche en raquettes est le pendant hivernal de la randonnée qui a connu, l’été dernier, un succès sans précédent. Depuis ce début d’année, ce loisir sur neige connaît un tel essor que les magasins de sport peinent à réapprovisionner leurs stocks. Aujourd’hui, l’option la plus simple reste la location, via le «click and collect», ou le «call and collect». Il suffit de réserver son matériel à l’avance pour le jour et l’heure souhaités, puis de passer le chercher au magasin. L’avantage, quand on débute, est le conseil bien sûr. Trouver la bonne taille de raquettes, bien les fixer sur ses chaussures, régler les bâtons correctement, font partie du b.a.-ba que l’on ne maîtrise pas forcément.

Pierre Burnier nous aide à nous chausser. «L’idéal, c’est d’avoir des chaussures de marche montantes et chaudes», explique cet administrateur dans une société de sécurité informatique, devenu accompagnateur en montagne en 2016. Il serre les attaches de ces nouveaux prolongements du pied que nous ne quitterons plus jusqu’à notre retour. Le talon du pied reste libre. «Si vous ne courez pas ou si vous n’avez pas un terrain trop glissant à la descente, cette position est idéale. Elle offre des mouvements plus souples et évite de mettre de la neige dans les chaussures.» Et ensuite? «Si vous savez marcher, vous savez faire de la raquette!»

Un peu d’histoire

Bien qu’elle soit aujourd’hui très à la mode, la raquette existerait depuis plus de 4000, voire 6000 ans, selon les historiens qui ont du mal à en donner une origine exacte. Ses formes et ses matériaux (du cuir, du bois, cordé ou non) variaient d’une époque et d’une région à l’autre. Mais sa fonction n’a jamais changé: se déplacer plus aisément dans la neige profonde sans s’enfoncer, le poids étant réparti sur une surface large.

Pour toute la famille

Bon marché, facile à utiliser, la raquette se pratique volontiers en famille. De plus, les nombreux sentiers balisés, existant dans toute la Suisse (lire ci-dessous), offrent l’embarras du choix. Avec un peu d’anticipation, il est possible de trouver des itinéraires peu fréquentés. Car durant un week-end ensoleillé, vous ne serez probablement pas les seuls à avoir eu cette grande idée.

Alors que les enfants pourront courir dans la poudreuse pour se dépenser, les personnes moins en forme physiquement profiteront du paysage à leur rythme. «Il est important de choisir un itinéraire balisé en fonction de ses capacités et de se caler sur la personne la moins sportive du groupe», conseille l’accompagnateur.

Milica et moi suivons Pierre Burnier à la trace qui, au passage, nous parle des arolles, cette famille de pins qui a donné le nom au village d’Arolla, mais aussi des mélèzes, saules et aulnes que l’on voit ci et là. Cette boucle de plus de 6 km peut s’initier où l’on veut, à partir de l’arrêt du car postal (et parking) Arolla Magine ou Arolla La Monta, par exemple.

En chemin, nous nous arrêtons devant des traces de pattes dans la neige. Un renard a exploré les lieux avant nous. Nous apercevons une cachette avec des vivres. «C’est le garde-manger du casse-noix moucheté», informe le guide avant de nous montrer plus tard, sur une branche, cet oiseau fascinant.

En couches d’oignon

Le soleil s’est levé. La température aussi. Même à plat, la raquette fait transpirer. La technique des couches d’oignon reste la meilleure option pour s’habiller: privilégier plusieurs hauts successifs plutôt qu’un seul gros pull «Pensez aussi à prendre des vêtements de rechange pour la fin de l’activité», conseille l’expert, qui en outre recommande fortement de bonnes lunettes de soleil, une crème solaire et de prendre suffisamment à boire car «en altitude, l’air est sec et on se déshydrate beaucoup!»

L’accompagnateur insiste plusieurs fois, à juste titre comme on le constate malheureusement chaque année, sur les dangers et conseille de toujours informer quelqu’un sur notre heure de retour prévue. Mais aussi, d’avertir cette personne en cas de changement de programme! «Si je dis à ma femme que je serai de retour à 17 heures au plus tard et qu’à 18 heures je ne suis pas rentré et ne réponds pas à mon téléphone, elle va appeler les secours», souligne Pierre Burnier rappelant l’importance d’avoir un téléphone chargé avec soi.

Après presque deux heures de marche, arrive enfin le moment tant attendu par ma sœur et moi, qui apprécions l’effort, mais encore davantage le réconfort: l’heure du pique-nique! Nous tassons la neige avec nos raquettes pour poser à plat les vivres et nous asseoir. Au menu, Valais oblige, du Fendant, de la viande séchée (production maison de notre guide!), du fromage d’alpage et du pain de seigle.

La descente vers notre point de départ ne dure que quelques minutes. Fatiguées, oxygénées, satisfaites, nous fixons les sommets qui se dessinent parfaitement dans un ciel bleu sans nuages en ôtant nos raquettes un peu à contrecœur. «On va où la prochaine fois?», demande alors ma sœur, déjà nostalgique. 


Check-list avant de partir

  • Raquettes et bâtons (avec rondelles) adaptés à sa taille
  • Chaussures de randonnée montantes
  • Vêtements en plusieurs couches (technique de l’oignon) et vêtements de rechange.
  • Pantalon et veste coupe-vent, imperméables
  • Gants
  • Lunettes de soleil adaptées (de ski si vent)
  • Crème solaire et protection pour les lèvres
  • Bonnet
  • Pique-nique et sachet pour les déchets
  • Eau et/ou thé en suffisance car en altitude on se déshydrate plus!
  • Téléphone portable chargé
  • Papier toilette
  • Pharmacie de poche
  • Topo de la randonnée, carte ou application adaptée comme Swisstopo par exemple
  • S’informer sur la météo et le risque d’avalanche sur différents sites, dont celui de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF

Idées de sorties en raquettes

www.slf.ch


Autres idées de sorties

Montagnes de Gstaad (BE)

N’oubliez pas la fondue

De Wispile à Lauenen via le Chrinepass

La randonnée commence à la station supérieure de Wispile (téléphérique), accessible en bus depuis la gare de Gstaad. Le sentier mène sur le Wispilegrat au Chrinetritt. Cette marche offre de magnifiques vues sur les montagnes du Saanenland. Autre particularité, avant d’atteindre Chrinetritt, au niveau des cabanes alpines du Vorder Höji Wispile, un caquelon à fondue en bois trône dans le paysage (possible de louer un sac à dos dans les laiteries du coin). Vous pourrez y faire une pause pour déguster votre propre fondue. Depuis les refuges alpins de Chrine, les chemins se séparent. Prendre le sentier balisé vers Lauenen à travers la forêt. Le trail descend direction Lauenen par la piste de ski.

Départ: Wispile station supérieure

Arrivée: village de Lauenen

Distance: 8,3 km

Durée: env. 3 h

Dénivelé: + 11 m, - 679 m

Point le plus haut: 1917 m

Niveau: moyen

www.gstaad.ch

Autour du lac Retaud (VD)

Une boucle de 2 heures

Col du Pillon - Le Rard - lac Retaud - col du Pillon

Ce sentier débute sur le chemin hivernal qui mène au lac Retaud. Après environ 15 minutes de marche, bifurquer à droite en direction du Rard, à travers un joli sentier dans la forêt. Passer ensuite devant le chalet d’alpage du Rard et poursuivre la randonnée jusqu’au lac Retaud. Pour le retour depuis le lac, deux itinéraires sont possibles: rejoindre le sentier n° 2 qui descend jusqu’au col du Pillon ou rejoindre le sentier n° 6 qui passe par le Fenil-Durand jusqu’au col du Pillon. C’est une randonnée que l’on peut faire avec son chien également mais par respect pour la faune et l’environnement, veuillez le garder en laisse.

Départ: col du Pillon

Arrivée: col du Pillon

Distance: 4,5 km

Durée: 2 h

Dénivelé: + 194 m, - 194 m

Point le plus haut: 1712 m

Niveau: moyen

www.villars-diablerets.ch

La Berra (FR)

L’hiver en Gruyère

Ecotrace La Berra au Gîte d’Allières

De la place de parc du Brand​, au pied des remontées mécaniques de La Berra (accessible en bus depuis La Roche les week-ends, sinon en voiture la semaine), monter sur la droite du domaine skiable, en direction des chalets. Le parcours passe par un chemin forestier jusqu’à une cabane au bord des pistes. Suivre le sentier ​balisé jusqu’au départ du téléski d’Allières. Tourner à droite, traverser une partie forestière pour rejoindre une clairière. Dépasser un second téléski pour arriver au Gîte d’Allières.

Départ: Le Brand (parking)

Arrivée: Gîte d’Allières

Distance: 3,3 km

Durée: 1 h 50

Dénivelé: + 469 m, - 21 m

Point le plus haut: 1484 m

Niveau: moyen

www.la-gruyere.ch

Klewenalp (NW)

Balcon sur le lac des Quatre-Cantons

Klewenalp – Twäregg – Stockhütte

Cette randonnée hivernale commence aux remontées mécaniques de Klewenalp (réserver à l’avance via le site web indiqué ci-dessous pour bénéficier de rabais) pour atteindre le Twäregg, offrant des vues imprenables sur les Mythen, le Rigi et le lac de Quatre-Cantons. Poursuivre jusqu’à Stockhütte. Pour redescendre, prendre le téléphérique ou louer une luge pour atteindre Emmeten (15 fr. la location). Le trajet en bus Emmeten-Beckenried est compris dans le forfait journalier.

Départ: Klewenalp (via Beckenried)

Arrivée: Stockhütte

Distance: 4,2 km

Durée: 2 h

Dénivelé: + 84 m, - 397 m

Point le plus haut: 1684 m

Niveau: facile

www.klewenalp.ch

Le Locle (NE)

Près de la ville

Le Locle – La Sagne

La randonnée commence au Communal (centre sportif) du Locle. La première partie de l’itinéraire est tranquille, à flanc de coteau, jusqu’au lieu-dit Les Crétêts. Puis le sentier monte un peu jusqu’à la côte des Jean d’Hôtaux. Poursuivre jusqu’à l’auberge du Grand-Sommartel sur 1 km. De là, un petit détour de 300 m en direction de l’ouest, permet de découvrir un point de vue unique sur la chaîne des Alpes et sur les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Longer la crête jusqu’au Signal de La Roche. Après une bonne descente, traverser des pâturages boisés pour rejoindre La Sagne, l’un des plus longs villages de Suisse.

Départ: Le Locle

Arrivée: La Sagne

Distance: 4,5 km

Durée: 3 h 45

Dénivelé: + 380 m, - 360 m

Point le plus haut: 1294 m

Niveau: moyen

www.lelocle.ch